Québec, Québec que t’arrive-t-il?

Publié le 31 janvier 2017

Je pense que ma récente chronique «Du calme et du soleil» était hélas incomplète à la suite de la tragédie que vient de vivre Québec. Un constat s’impose, le terrorisme peut frapper chez nous, dans notre propre cour.

Une chronique de Marc Lemay

Dans notre pays de calme et de liberté, il est à peine possible de croire qu’une telle tragédie puisse s’être produite ici. On voudrait croire à un mauvais rêve et nous réveiller. Malheureusement, ce n’est pas le cas. À jamais, la ville de Québec, le Québec et le Canada resteront marqués par le passage d’un acte terroriste.

Six morts. Et des blessés, non seulement dans leur chair, mais également dans leur âme. Ils revivront à jamais ces événements.

* * * * *

Islamophobie. Haine de celui qu’on ne connaît pas. Loup solitaire. On se perdra en conjecture au cours des prochains mois pour expliquer ce geste inacceptable qui a frappé la ville de Québec. Les analyses ne manqueront pas. Mais hélas, certains n’hésiteront pas à dire que ce triste événement se préparait depuis longtemps.

La ville de Québec a été un terreau fertile pour ceux pour qui la méconnaissance entraînant la méfiance, ne voulaient rien savoir des nouveaux arrivants. Encore plus si ces derniers proviennent des régions arabes.

Je ne veux pas jeter la pierre sur les radios «poubelles», mais… Elles en sont en partie responsables. Il suffisait d’écouter ce qui s’est dit sur leurs ondes au cours des dernières années pour entrevoir une partie de la réponse.

* * * * *

Également les médias sociaux qui ont depuis longtemps attisé cette haine et ce mépris envers les musulmans sont en partie responsable de cette tragédie. Ces personnes, qui ont souvent quitté leur pays pour trouver la paix au Québec.

Combien de fois ai-je vu des gens d’ici, en région, partager sur Facebook des vidéos ou des publications carrément racistes. Rarement ces personnes, se sont fait remettre à l’ordre. Trop souvent, on préfère ignorer ces publications douteuses.

Pourtant, se cacher derrière son clavier pour répandre ses idées anti-musulmans c’est faire preuve de la pire hypocrisie. Déverser son fiel et sa haine envers ceux qu’on ne connait pas alors qu’on habite dans la région la plus blanche et catholique que l’on peut trouver a quelque chose de profondément troublant.

Comme si Macamic, Amos, ou Béarn étaient les prochaines cibles du groupe armé État islamique. Cette idée ridicule semble toutefois bien vivante lorsqu’on consulte les réseaux sociaux.

Pourtant, l’acte terroriste commis à Québec a été fait par un francophone bien de chez nous. De qui faudrait-il avoir peur hein?

Je ne sais pas comment nous allons réguler ces médias sociaux, mais il faudra bien qu’on y parvienne. Cette haine et ce mépris ne seraient jamais aussi largement diffusés sans ces plateformes.

Il n’y a rien de pire que d’exprimer une opinion sans être capable de la défendre sur la place publique.

Québec, Québec, souhaitons que ce soit la seule fois où nous aurons à vivre une telle tragédie.