30 ans à faire résonner la musique classique dans la région


Publié le 2 avril 2017

L’Orchestre symphonique régional lors d’une répétition à La Ferme au début des années 90.

©gracieuseté OSRAT

Depuis 1987, l’Orchestre symphonique régional accomplit l’exploit de faire découvrir aux néophytes et revivre aux mélomanes les plus grands succès et les extraits moins connus de la musique classique, et ce, loin des grands centres. La passion du chef d’orchestre Jacques Marchand et des musiciens, jeunes et moins jeunes, fait de l’OSR un véritable joyau régional.

Ayant grandi à Rouyn-Noranda, Jacques Marchand quitte la région à 17 ans, comme bien d’autres jeunes, pour ses études. «On part pour les études en pensant qu’on va conquérir le monde et finalement, c’est le monde qui nous conquit, a témoigné Jacques Marchand, fondateur de l’OSR. J’ai joué à Montréal avec Pauline Julien pendant neuf ans et j’ai roulé ma bosse avec d’autres chanteurs.

Après 30 ans, c’est normal qu’on puisse faire des concerts de haut calibre et de se produire avec des artistes de renommée comme Alain Lefèvre

Jacques Marchand

«Après, je suis revenu plus à mes compositions de musique classique, a-t-il poursuivi. Je suis parti en tournée et j’ai abouti à Rouyn. À ce moment, Suzanne Blais partait en congé de maternité au Centre musical En sol mineur. On m’avait demandé à l’époque si je pouvais finir l’année. Comme il ne se passait pas grand-chose pour moi à Montréal, c’était le début d’une nouvelle vie.»

Les débuts

Après avoir pris la décision de rester en région, plutôt que d’attendre que les choses se passent, Jacques Marchand prend le taureau par les cornes et sonde l’intérêt des musiciens de partout en Abitibi-Témiscamingue dans le but de fonder un orchestre. «L’idée m’est venue par Charles Mignault, qui avait des partitions de son père [Aimé]. Il m’a dit de faire quelque chose avec ça, mais qu’il voulait que la musique reste en région», a raconté M. Marchand.

Dès le départ, une quarantaine de musiciens ont embarqué dans le projet du chef d’orchestre. 30 ans plus tard, l’Orchestre a vu passer bien des musiciens, mais continue sa mission de partager la musique classique sur l’ensemble du territoire de la région. En plus de M. Marchand, trois musiciens sont présents depuis les tout débuts, soit Annie Boudreau (clarinette), Francine Goulet (alto) et Éric Rousseau (trombone). D’autres s’y produisent depuis plus de 20 ans.

«On est rendu beaucoup plus loin, avoue Jacques Marchand lorsqu’il constate le chemin parcouru en trois décennies. On s’en va de plus en plus vers la professionnalisation. Après 30 ans, c’est normal qu’on puisse faire des concerts de haut calibre et de se produire avec des artistes de renommée comme Alain Lefèvre.»

Une belle jeunesse

En plus des musiciens d’expérience qui perfectionnent leur art avec les années, un vent de jeunesse souffle sur l’Orchestre, alors que plusieurs étudiants ont joint ses rangs au cours des dernières années. Une belle relève se forme pour l’OSR. «On est bon pour un autre 30 ans! Bon, peut-être pas moi, mais l’Orchestre, oui!», a lancé M. Marchand.