Six hommages ambigus à la femme et à la nature


Publié le 19 avril 2017

Parmi les œuvres singulières qui sont proposées à L’Écart dans la dernière exposition de la saison 2016-2017, Andréanne Hudon offre un véritable cabinet de curiosités à la fois fascinantes et déstabilisantes.

©L'Écart

Quel lien peut-on tisser entre l’animal, le végétal et la féminité? Six artistes provenant de six horizons différents se sont penchées sur la question.

Pour clore sa saison 2016-2017, L’Écart présente Les Fleurs animales. Sous la supervision de la commissaire Cynthia Girard-Renard, de Montréal, des œuvres ambiguës alliant sculptures de textile et de papier, huiles, aquarelles et installations multimédia seront présentées du 21 avril au 28 mai.

À partir de peintures animalières, la commissaire a invité des artistes à s’exprimer sur la complexité du «vivre ensemble». Il en résulte un corpus hétéroclite de chimères, d’hommage aux femmes, de satires du comportement humain et de cris de résistance.

Quand les animaux philosophent

Sur un ton sarcastique, Cynthia Girard-Renard met ainsi en scène dans ses toiles des animaux qui échangent sur les problèmes liés à l’humanité: politique, désir sexuel, rôle de la femme, migrations, crises sociales contemporaines, etc.

Hommages sur textile et vidéo

Sur le plan de l’hommage, Amelia Garrestson-Persans, de Portland (Maine), s’inspire des premières femmes animatrices de Disney pour concevoir une œuvre vidéo où elle rend hommage à ces cinéastes et artisanes du Septième art oubliées par l’Histoire.

Monique Régimbald-Zeiber, de Montréal, propose quant à elle de grandes œuvres picturales sur lin tissées à partir de citations d’écrivaines. Il en résulte des sortes de mantras évoquant une métaphore du quotidien souvent dur et laborieux des femmes.

En provenance de Copenhague, Yvette Brackman tisse un univers insolite où des foulards achetés de seconde main à Paris deviennent tantôt des têtes décapitées, tantôt des femmes-robes. Des motifs orientaux et occidentaux s’y chevauchent, faisant référence au corps de femmes combattantes et rappelant la beauté et l’horreur des luttes révolutionnaires.

Surréalisme et symbolique

Plongeant en plein surréalisme, la Montréalaise Andréanne Hudon présente pour sa part une singulière collection de créatures et de plantes étranges et déstabilisantes nageant en plein symbolisme.

Quant à Eleanor Bond, de Winnipeg, celle-ci utilise le bois comme support afin d’y peindre des huiles où le végétal rencontre le minéral et l’animal dans une métamorphose constante rappelant qu’au-delà de l’humain, les gens sont avant tout composés de matière qui vibre et réagit face à son environnement.

Le vernissage de l'exposition aura lieu le vendredi 21 avril à 19h. Cynthia Girard-Renard y présentera une performance costumée avec lecture de poésie.