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L’électricité pour changer les déchets en source de revenus


Publié le 10 octobre 2017

Sous sa forme actuelle, le projet Montviel, dont on voit ici des travaux d’exploration, contiendrait 82,4 millions de tonnes de minerai en ressources indiquées à 1,51 % d’oxydes de terres rares ainsi que 184,2 millions de tonnes de minerai en ressources présumées à 1,43 % d’oxydes de terres rares.

©Ressources GéoMégA

Un peu comme cherchaient à le faire les alchimistes du Moyen Âge, Innord est parvenue à produire des concentrés de terres rares et d’hydroxyde de cobalt de haute pureté à partir de résidus industriels.

Innord est une filiale privée contrôlée par Ressources GéoMégA, une société basée à Montréal qui développe, au nord de Lebel-sur-Quévillon, le projet de terres rares Montviel. Elle a mis au point un procédé exclusif de séparation des terres rares dans une solution liquide à l’aide d’un champ électrique, l’électrophorèse. Outre sa flexibilité, celui-ci présente comme avantage de ne recourir à aucun solvant organique toxique pour l’environnement.

Le 19 septembre, Innord a annoncé être parvenue à produire deux concentrés à partir de résidus industriels. Ceux-ci contenaient respectivement 99 % d’oxydes de terres rares et 99,8 % d’hydroxyde de cobalt, soit une pureté de qualité commerciale. En ce qui concerne le cobalt, Innord communiquera sous peu avec des utilisateurs potentiels pour valider si le produit se classe pour le marché des batteries.

La société poursuit également son travail pour atteindre 99 % de pureté dans la production de concentrés de néodyme et de dysprosium, deux éléments essentiels dans la production d’aimants permanents.

Plusieurs bénéfices

Selon le PDG de GéoMégA et Innord, Kiril Mugerman, plusieurs bénéfices pourront éventuellement être tirés de son procédé d’électrophorèse. D’abord, celui-ci pourra être utilisé pour traiter le minerai de Montviel afin d’en produire principalement du néodyme. De plus, comme le procédé ne recourt à aucun solvant organique, l’impact environnemental du projet s’en trouvera d’autant réduit.

«Quant aux résidus industriels, non seulement ils représentent une source idéale pour optimiser notre technologie et l’amener à l’échelle industrielle, mais leur recyclage pour en tirer des terres rares nous permettra à la fois de donner une deuxième vie à des matières qui, autrement, finiraient dans des tas de déchets et d’en tirer toute une gamme de produits qui pourraient possiblement dégager des flux de trésorerie», a-t-il fait valoir.

La prochaine étape consistera à finaliser une étude d’ingénierie pour l’unité industrielle initiale. Celle-ci devrait fournir des estimations des coûts requis en capitaux et en frais d’opération.