Sections

Un soutien régional aux producteurs témiscamiens privés d’abattoir

Problématique de l’abattage au Témiscamingue


Publié le 11 octobre 2017

Le préfet, Arnaud Warolin, est entouré de différentes personnalités régionales venues donner leur appui aux actions de la MRC de Témiscamingue.

©TC Media - Lucie Charest

Une trentaine d’élus, de producteurs, des quatre coins de la région, ont appuyé les actions de la MRC du Témiscamingue le 11 octobre pour sortir de l’impasse causée par l’absence d’abattoir perdurant depuis pratiquement deux décennies.

Un producteur de boeuf s'est présenté avec une remorque de transport pour illustrer les conditions que doivent subir les bêtes sur des centaines de kilomètres pour se rendre à l'abattoir.
TC Media - Lucie Charest

«Ce qu’il y a de différent aujourd’hui, c’est que nous proposons des alternatives aux gouvernements pour sortir de cette problématique, a soutenu le préfet Arnaud Warolin. Ils sont déjà sensibles à notre situation, c’est ce qu’ils nous répètent depuis toujours. Maintenant il faut prendre des décisions, passer à l’acte. Nos gouvernements se sont assez trainé les pieds dans ce dossier.»
En plus des élus et des producteurs présents, des producteurs locaux avaient même apporté des bovidés et des agneaux dans le stationnement pour dénoncer le trajet de 1500 km aller-retour pour aller les faire abattre.
Deux propositions sont présentement sur la table pour pallier le transport à l’extérieur de la région. Il s’agit de modulation de la réglementation québécoise afin que la vente au Québec d’animaux abattus à Belle-Vallée, en Ontario, soit autorisée. Ce qui n’est pas le cas présentement. En second lieu, l’utilisation de l’abattoir de proximité située à Évain, La Boucherie Des Praz, pourrait obtenir une certification provinciale qui elle permettrait aux producteurs de mettre en marché leurs produits.

Si eux sont sensibles à notre cause, d’autres vont peut-être finir par nous entendre aussi.

Stanislas Gachet

Angèle-Ann Guimond a illustré jusqu’où se rendaient les impacts de l’absence d’abattoir en région.
TC Media - Lucie Charest

Une illustration concrète
Angèle-Ann Guimond, chef à la table Champêtre l’Éden rouge, a illustré de façon éloquente jusqu’où les ramifications des impacts de l’absence d’abattoir peuvent se rendre. «Plus de 75 % de ma clientèle provient de l’extérieur du Témiscamingue, a-t-elle mis en contexte. Ils arrivent par la route, ils ont vu des animaux dans les champs. Ils me demandent de quelle ferme provient la viande que je leurs sers. Je n’ai d’autre choix que de leur dire qu’elle ne vient pas de la région, que je ne sais pas d’où elle arrive.»

Un producteur était présent avec cinq de ses agneaux.
TC Media - Lucie Charest

Nourrir l’espoir
«En quatre ans, nous sommes passés de 26 producteurs d’agneaux à six, de 8000 brebis à 2500», a déploré Simon Gélinas, de la Bergerie Bêê Oui de Lorrainville. Martin Roch, préfet de la MRC D’Abitibi et représentant de la Conférence des préfets, de même que Simon Simard, vice-président de la fédération de l’UPA de l’Abitibi-Témiscamingue, ont tous deux donné leur appui inconditionnel aux démarches de la MRC de Témiscamingue pour sortir de cette problématique.
Aux cours des 10 dernières années, de multiples sorties publiques ont été exécutées afin de sensibiliser différents paliers de gouvernement. Pensons à un blocage de la route 101 à la hauteur de Notre-Dame-du-Nord en 2010, au dépôt de carcasses d’agneau devant le bureau local du MAPAQ au printemps 2012. Ces actions n’ont pas suffi à faire sortir les gouvernements de leur mutisme face à la situation.
Stanislas Gachet, du Syndicat des producteurs de bœuf, était présent à plusieurs actions menées par des producteurs. «Il ne faut pas lâcher le morceau, a-t-il noté. Il faut rester persévérant, ne pas laisser le potentiel de la région diminuer encore plus. Aujourd’hui, nous avons tout l’Abitibi qui nous soutient, les élus, des producteurs. Ça nous dit qu’on est à la bonne place. Si eux sont sensibles à notre cause, d’autres vont peut-être finir par nous entendre aussi.»