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Une pluie d'éloges déferle sur Sophie Dupuis


Publié le 22 mars 2018

La Valdorienne Sophie Dupuis a fait l'unanimité avec la sortie de son premier long-métrage.

©L'Écho/Le Citoyen - Marc-André Landry

On la savait talentueuse, mais la sortie de son première long-métrage, Chien de garde, est en train de bâtir une place de choix pour la Valdorienne Sophie Dupuis dans l'industrie québécoise du cinéma.

La jeune réalisatrice s'est attiré un concert d'éloges depuis la sortie de son film, le 3 mars dernier, lors des Rendez-vous Québec cinéma. Les critiques des principaux médias québécois ont été emballés par ce film coup de poing, qui a fait son début en salle le 9 mars, avec d'arriver en Abitibi vendredi dernier.

Sophie Dupuis a accueilli ce succès critique avec enthousiasme, d'autant plus qu'il permettra sans doute à son film de connaître une vie intéressante en salle.

«Les critiques font une grosse différence pour créer un engouement autour d'un film, reconnaît la Valdorienne. On est vraiment content, surtout que c'est quelque chose qu'on ne contrôle pas. Personnellement, ça confirme ce que je pense de mon film. J'aime ce qu'on a accompli et j'ai confiance en mes moyens comme réalisatrice. D'avoir la confirmation du milieu, c'est juste rassurant pour la suite des choses.»

La direction d'acteurs

La plupart des critiques ont reconnu la force de Sophie Dupuis dans la direction des acteurs. Force est d'admettre que Chien de garde se démarque à ce niveau, avec des performances puissantes de toute la distribution, qui comprend notamment les Maude Guérin, Paul Ahmarani et Théodore Pellerin.

«Ça me fait chaud au coeur parce que c'est ça mon trip dans la réalisation. Je suis en amour avec les acteurs et je prends beaucoup de plaisir à travailler avec eux pour ajouter des couches à leur personnage. C'est important pour moi qu'on souligne ma direction d'acteurs parce que c'est l'élément principal de ma démarche.»

Tourner pour être vu

Au-delà du succès critique, le succès populaire demeure important pour Sophie Dupuis, qui se réjouit de voir de nouvelles salles s'ajouter depuis la sortie du film.

«C'est sûr que tu tournes toujours un film dans l'espoir qu'il sera vu. On a failli entrer dans de gros festivals, mais ça n'a pas marché. Le succès en salle est donc très important et ça va bien jusqu'ici. C'est un défi de trouver un public parce que les gens vont de moins en moins au cinéma. Mais mon producteur et moi, on a la même vision dans ce qu'on veut faire. Nous voulons réaliser des films d'auteur avec des personnages forts et une trame dramatique, mais en même temps on veut parler à un grand public. Je n'ai pas le goût de faire des films très hermétiques. Avec Chien de garde, on a un film dramatique, mais aussi divertissant, avec du suspense et de l'action du début à la fin.»

Les commentaires des cinéphiles ont d'ailleurs rassuré la réalisatrice au cours des derniers jours.

«Je reçois beaucoup de félicitations du public. Oui, c'est un film qui brasse et certains spectateurs en sont retournés émotivement, mais plusieurs me récrivent quelques jours après pour me dire qu'ils ont vraiment aimé ça et que le film leur reste en tête. Pour moi, c'est un super compliment. Mis à part les jeunes adultes, on ne savait pas à quel public ça allait plaire, mais finalement ça rejoint tous les âges. C'est assez inattendu.»

Belle carte de visite

Peu importe  ce que l'avenir réserve au film Chien de garde, il est déjà assuré que le succès obtenu jusqu'ici aura un impact positif pour la carrière de Sophie Dupuis.

«Chaque film est un pari et tu ne sais jamais si le public, les critiques et les institutions vont aimer ça. Tu y vas avec ton instinct et tu espères que ça marche. C'est inespéré d'avoir tout ça réuni pour Chien de garde. Maintenant, tout le monde attend de voir la suite pour moi. Les institutions qui ont vu ce que je peux faire avec 1,5 M $ sont curieuses de savoir ce que je pourrais faire avec le double. Ce succès va sûrement m'aider pour la suite des choses et j'espère en voir le résultat dans mes prochains dépôts de financement», ajoute la Valdorienne.

«C'est touchant de venir présenter le film dans ma région»

Même si elle vit à Montréal depuis de nombreuses années, Sophie Dupuis n'a jamais renié ses racines abitibiennes et elle a vécu avec émotions les premières projections de Chien de garde à Val-d'Or et Rouyn-Noranda, vendredi et samedi dernier.

«C'est touchant de venir présenter mon film dans ma région, de le voir projeter sur un grand écran avec mon nom au générique, devant tous ceux qui m'accompagnent dans ma démarche depuis que je suis jeune. C'est émouvant et je suis presque plus excitée aujourd'hui que lors de la grande première il y a deux semaines. Pour moi, ça vient un peu boucler la boucle», a-t-elle confié, vendredi dernier.

Une finalité

Après trois ans de travail, la sortie d'un long-métrage présente un beau sentiment d'accomplissement pour la jeune réalisatrice.

«C'est une belle finalité et ça permet de redécouvrir le film à travers d'autres yeux, lance-t-elle. J'ai encore la larme à l'œil dans les dernières scènes du film quand je me prépare à aller rencontrer le public pour répondre à ses questions. Le cinéma, c'est un processus tellement effervescent. Il se crée une relation unique avec tous tes collaborateurs. C'est dur à décrire, mais c'est une forme d'amour entre nous tous et, d'avoir pu partager la sortie du film avec eux, ç'a été très intense.»

Tournage à Val-d'Or?

Tout indique que le prochain long-métrage de Sophie Dupuis, qui gravitera dans l'univers des mines, pourrait être tourné dès 2019, à Val-d'Or. «Ça m'a pris du temps pour trouver mon angle d'écriture, mais là c'est fait, explique-t-elle. On attend maintenant la confirmation du financement et on espère venir tourner ça dès l'an prochain.»

Devant les étudiants

Le passage de Sophie Dupuis dans la région au cours des derniers jours devait aussi lui permettre de rencontrer les étudiants en cinéma au Cégep de Rouyn-Noranda, lundi. «J'ai moi-même étudié dans cette classe-là et j'ai eu la chance d'entendre des réalisateurs venir me raconter leur parcours. Je vais essayer de transmettre cette même passion. Je veux aussi leur rappeler que ce n'est pas parce que tu viens de l'Abitibi que tu ne peux pas atteindre tes rêves dans cette industrie», souligne-t-elle.