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Jean Racine… en rappel

L'auteur-compositeur-interprète ne peut ignorer l'appel de la scène


Publié le 10 mai 2017

Jean Racine, entouré des musiciens qui l'ont accompagné sur scène lors du lancement de son album, au Petit Théâtre du Vieux-Noranda, le 16 avril. Dans l'ordre: Sébastien Greffard, Gaétan Roberge, François Grenier, Jean Racine, Francis Greffard et Gylles Légaré.

©gracieuseté – Jean Caron

Un dernier album, un dernier spectacle… telle était l'intention de départ de l'auteur-compositeur-interprète Jean Racine. Mais le poète de Normétal s'est fait prendre à son propre jeu.

«Au départ, l'idée c'était de produire mon premier et dernier album (Le legs) et de faire mon dernier spectacle. Mais il y a tellement de demande. Je me sens en pleine forme et je suis content de ma performance à mon lancement. Tu te sens porté par une foule comme ça. J'ai vraiment été touché», a-t-il raconté, premier surpris de l'engouement suscité par son retour après sept ans d'absence.

C'est un beau cadeau de la vie, et j'ai le goût de le partager encore

Jean Racine

D'ailleurs, il flottait toujours sur un nuage une dizaine de jours après son lancement devant une salle comble et comblée au Petit Théâtre du Vieux-Noranda… un dimanche de Pâques. Il s'apprêtait alors à participer au Show de La Motte et n'écartait plus un retour sur scène.

Le 9 mai, il confirmait deux premiers rappels pour son spectacle. D'abord à la Salle Desjardins de La Sarre le 3 juin, puis le 10 juin à la Salle Héritage de La Motte. Auparavant, il fera une courte prestation au Festival des guitares du monde, le 30 mai, à Rouyn-Noranda. «Ça roule bien», a-t-il résumé.

Déjà comblé

Il faut dire que Jean Racine n'en demandait pas tant. Il était déjà comblé d'avoir pu immortaliser 40 années d'écriture d'aussi belle façon. «C'est tout ce que j'en rêvais, tout ce que j'en espérais», n'a-t-il pas hésité à dire.

Un projet continuellement remis à plus tard par l'animateur chansonnier, occupé à bourlinguer pendant 30 ans dans tous les recoins de la région, en plus de nombreuses participations au Festival du voyageur au Manitoba et de huit tournées en France. Or, le temps était venu.

«J'étais certain d'en faire un sur le tard, a-t-il affirmé. Mais j'ai subi un choc l'an dernier quand j'ai eu 65 ans et que j'ai reçu mon papier d'éligibilité à la sécurité de la vieillesse. C'est là que ma blonde m'a dit: fais-toi donc plaisir. 2017 est une année charnière. Ça fait 40 ans que nous sommes ensemble, Ghislaine et moi… puis, la vie m'a envoyé plein d'autres messages. Il était temps de boucler la boucle.»

Jean Racine
gracieuseté – Jean Caron

Rallumer la flamme

Il ne manquait plus que la bougie d'allumage. Et c'est là qu'entrent en scène les pyromanes Sébastien et Francis Greffard. «Ils voulaient faire une capsule web (Y fait SHOW dans SHED - voir la vidéo ci-bas) avec moi. Ça faisait longtemps que je n'avais pas joué de la guitare. J'ai fini par accepter et ç'a rallumé le feu. On a fait deux chansons, je leur ai parlé de mon projet et ils m'ont répondu: quand tu veux! Ils se sont investis beaucoup et généreusement», a raconté celui qui a mis un terme à sa carrière une première fois en 2003, avant de remonter sur la scène de 2005 à 2010 avec Les Qu'A-T (avec Louis Kirouac, Gaétan Roberge et Laurier Lebel).

Jean Racine est donc rentré dans la Shed de Sébastien Greffard en 2016 avec 20 de ses chansons triées sur le volet pour ce qu'elles représentaient pour cet auteur pourvu d'une grande sensibilité. «Je suis très archiviste, je garde tout. J'ai redécouvert mes chansons. J'ai dû réapprendre à les jouer et apprivoiser ma voix. Ce fut une belle introspection. J'ai ajouté quelques couplets ici et là. On a fait des arrangements avec mes copains qui connaissent plus la musique que moi. Et je voulais que le livret contienne les textes. Ils ont toujours eu une prédominance sur la musique dans mes chansons», a fait valoir celui qui a surtout prêté sa voix aux textes des Plume, Brel et autres Brassens.

Et surtout, Jean Racine voulait en faire un pur produit régional. Les musiciens, la réalisation (Sébastien Greffard) et même le design graphique de la pochette (Martin Poitras), tout provient de l'Abitibi, sa terre d'adoption depuis 1974. «Qui prend femme prend pays. Je suis venu au monde une deuxième fois en Abitibi», s'est-il plu à imager.

 

Un album largement distribué

Jean Racine voulait que Le legs soit le plus largement distribué possible en Abitibi-Témiscamingue. «Je voulais qu'il soit aussi disponible que je l'ai été comme animateur chansonnier. On retrouve des traces de mon album partout sur le territoire. Je voulais que le monde s'enfarge dedans. J'ai fait appel à Michel Cotnoir (Distribution Michel Cotnoir), qui était le propriétaire de La Québécoise dans le temps, et l'album est maintenant dans 54 points de vente grâce à lui», s'est réjoui Jean Racine.