La Maison du Frère-Moffet, bonne pour un autre 150 ans

Lucie Charest lucie.charest.lafrontiere@gmail.com
Publié le 14 août 2015

Environ 75 ans après avoir quitté cette maison où elle a passé une partie de son enfance, Clara Labrecque-Sirard dit être heureuse d’avoir vécu dans une maison qui est devenue une légende.

©TC Media - Lucie Charest

Les dignitaires étaient nombreux pour assister à la coupe de ruban signifiant la fin des travaux de restauration de la plus vieille maison encore debout de tout l’Abitibi-Témiscamingue, la Maison du Frère-Moffet, à Ville-Marie.

Je suis fière d’avoir habité dans cette maison qui est devenu une légende, mais aujourd’hui, je me demande comment nous faisions pour vivre avec si peu de commodités. Clara Labrecque-Sirard

Sans l’aide financière de Québec, à hauteur de 105 000 $ et du pacte rural à raison de 12 000 $, nul ne sait ce qui serait advenu de cette petite maison bâtie en 1881. Chose certaine, l’expression «voir à travers les murs» n’était plus une métaphore en ce qui la concerne. «Il y avait des poutres à changer au niveau de la structure, du toit, de la cage d’escalier, le juponnage, a spécifié Francine Plante, directrice de la Maison du Frère-Moffet. Nous avons également ajouté un drain et un système de ventilation pour lui permettre de s’aérer.»

Clara Labrecque-Sirard avait autour de 12 ans quand elle a quitté cette maison qu’elle avait commencé à habiter en 1928 avec sa famille alors qu’elle avait 4 ans. «Mon père était chauffeur de fournaise pour les bonnes sœurs, a-t-elle relaté. Nous avions seulement l’eau qu’il nous ramenait, nous n’avions pas de toilettes à l’intérieur. Le seul souvenir que j’en ai, c’est que nous étions bien toute la famille ensemble. À l’époque, la maison était située où se trouve maintenant la MRC. Je suis fière d’avoir habité dans cette maison qui est devenu une légende, mais aujourd’hui, je me demande comment nous faisions pour vivre avec si peu de commodités.»

Éloges de l’histoire

Le ministre Luc Blanchette était présent pour la coupe du ruban. Il a profité de l’occasion pour rappeler l’investissement de son gouvernement, mais a aussi souligné l’importance du patrimoine pour la culture et le tourisme. Les allocutions de Réal Couture, président de la Commission culturelle et Bernard Flébus, maire de Ville-Marie, et porte-parole de la MRC pour l’occasion, sont allées dans la même direction.

Jean-Yves Parent, président de la Société d’histoire qui gère la Maison du Frère-Moffet, a quant à lui rappelé un fait historique de la colonisation du Témiscamingue. «Les nouveaux arrivants provenaient de la Vallée du St-Laurent entre Montréal et Trois-Rivières, de la France, de la Belgique et de l’Irlande, a-t-il indiqué. Il y avait aussi des Franco-Américains qui arrivaient par l’Ontario.»

Le ministre Luc Blanchette a procédé à la coupe du ruban entouré de Jean-Yves Parent, président de la Société d’Histoire du Témiscamingue et Bernard Flébus, maire de Ville-Marie.

©TC Media - Lucie Charest

Dignitaires et personnes impliuqées dans la restauration de la plus vieille maison de la région ont participé à une photo historique à Ville-Marie, le 14 août 2015.

©TC Media - Lucie Charest