Libre échange avec l'Europe : espoirs et craintes en région

Thierry de Noncourt thierry.denoncourt@tc.tc
Publié le 3 novembre 2016

L’accord de libre-échange avec l’Europe pourrait faire mal aux producteurs laitiers et fromagers de la région.

©TC Media - Thierry de Noncourt

Le président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Rouyn-Noranda, Jean-Claude Loranger, croit que des entreprises de l’Abitibi-Témiscamingue pourront bénéficier de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne.

Ainsi, l’Accord donnera accès, aux entreprises canadiennes, à un vaste nouveau marché. « Cela donne par la même occasion l’accès à nos marchés aux Européens, qui pourront désormais importer leurs produits à partir du vieux continent », a noté M. Loranger.

Toutefois,  l’Accord économique et commercial global (AECG) a été dénoncé par les producteurs laitiers et fromagers, qui demandent des compensations du fédéral. « Le gouvernement s’est engagé à compenser nos pertes lors de l’entrée en vigueur de l’entente, il n’a plus de raisons de ne pas agir. Le fédéral doit donner suite dans les meilleurs délais à ses engagements répétés de compenser les producteurs de lait et le secteur fromager » a déclaré le président des Producteurs de lait du Québec, Bruno Letendre.

Le Cru du Clocher sacrifié?

«Nous sommes les agneaux sacrifiés de l’entente. Les produits frais, comme le fromage en grains, ne sont pas menacés, parce qu’ils sont frais, justement. Mais, pour les produits de niche, c’est autre chose», a confié Hélène Lessard, propriétaire de la fromagerie Le Fromage au Village, qui produit le Cru du Clocher. Ce fromage a été admis à l’Arche du goût, au début de l’année 2016, une reconnaissance de Slow food Canada, pour sa qualité exceptionnelle. Aujourd’hui, Mme Lessard craint pour l’avenir de cette production. Les fromages français vont lui faire une solide concurrence avec des prix très bas. Elle souhaite que les gens continuent à encourager les produits locaux.

Prudence et soutien

« Cet accord incite à la prudence et à la vigilance », a admis M. Loranger. Il a mis de l’avant le fait que les petits producteurs de la région en sont souvent à leurs premiers pas en matière de commerce international. « Ces entreprises ont besoin d’un bon encadrement afin de s’assurer que l’entente de libre-échange les mènera vers le succès. Il faudrait par exemple avoir à l’œil les assouplissements nécessaires dans le domaine de la réglementation. Ceux-ci ne doivent pas mettre en danger nos producteurs », a-t-il insisté.

Comme l’a aussi souligné Mme Lessard, les producteurs fromagers sont soumis à des normes fixées par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. « Est-ce que ces normes sont similaires dans la Zone Euro ? », a questionné M. Loranger. « La réponse n’est pas évidente, mais il faut porter attention à l’aspect de l’équité », a-t-il dit. L’accord prévoit que certains marchés agricoles seront partiellement ouverts.