169 interventions de la CSST en 4 ans dans les écoles de la région

Marie-Hélène Paquin rou.redaction@tc.tc
Publié le 21 octobre 2015

Les centres de formation professionnelle et les polyvalentes qui contiennent des ateliers comportant des machines font l’objet de vérifications fréquentes.

©TC Media - Marie-Hélène Paquin

Entre 2010 et 2014, la Commission de la santé et de la sécurité au travail (CSST) est intervenue à 169 reprises dans les écoles et centres des cinq commissions scolaires de l’Abitibi-Témiscamingue. Le Journal a obtenu tous ces rapports grâce à la Loi sur l’accès à l’information.

Qu’il s’agisse de prévention, de suivis ou d’interventions directes, 169 rapports ont été remplis par des inspecteurs de la CSST concernant un des établissements des cinq commissions scolaires régionales ces cinq dernières années.

Sans surprise, la grande majorité d’entre eux concernent des actes préventifs, comme l’inspection des machines dans les centres de formation professionnelle ou les polyvalentes. Toutefois, on constate que ces inspections mènent souvent à plusieurs dérogations, c’est-à-dire des modifications à apporter à la sécurité des machines.

Règle générale, les délais établis par la CSST sont respectés et les correctifs apportés rapidement. On dénombre cependant deux accidents survenus en lien avec des machines retrouvées dans un atelier, dont une impliquant un étudiant et l’autre un enseignant.

Val-d’Or en tête

La Commission scolaire de l’Or-et-des-Bois se retrouve en tête de liste quant au nombre d’interventions survenues ces dernières années. Si la plupart concernent des machines utilisées en menuiserie ou en électricité, on retrouve également quelques cas de problèmes respiratoires liés à des travaux de rénovation, quelques interventions reliées à la présence d’amiante dans certaines écoles, des problèmes concernant l’entreposage de produits chimiques utilisés pour entretenir les piscines, mais aussi certaines interventions liées aux mines, alors que le CFPVD offre une formation en milieu minier. Ceci pourrait donc être un facteur d’explication quant au plus grand nombre d’interventions que dans les autres commissions scolaires.

Plusieurs mesures ont été mises en places. Depuis, on voit qu’on a réduit les interventions à la CSST de moitié depuis les dernières années, donc environ 10 par année Caroline Neveu

La plupart des rapports de la CSST concernant la CSOB ont été émis en 2010 et 2011, à raison d’une vingtaine par année. «Depuis 2005, nous avons une politique concernant la Santé et la Sécurité au Travail (SST) et un comité paritaire en SST qui regroupe des membres de la partie patronale et de la partie syndicale», a expliqué Caroline Neveu, conseillère en communication à la CSOB.

«En 2010 et 2011, on a constaté que nous avions 20 demandes à la CSST par année, a-t-elle poursuivi. À ce moment, nous avions rappelé les procédures internes ainsi que les rôles et responsabilités de tous qui sont indiquées dans la politique pour intervenir plus rapidement. Des demandes étaient adressées directement à la CSST, mais la procédure est d’aviser son supérieur immédiat lorsqu’on est dans une situation qu’on juge à risque.

«Plusieurs mesures ont été mises en places; il y a une préoccupation constante des directions d’établissement, de la sensibilisation qui a été faite auprès du personnel, les interventions rapides et efficaces du service des ressources matérielles et, comme mentionné, le rappel des procédures. Depuis, on voit qu’on a réduit les interventions à la CSST de moitié depuis les dernières années, donc environ 10 par année», a souligné Mme Neveu. La CSOB continue toujours de mettre des efforts pour assurer la sécurité de ses employés.

Une éducatrice a été blessée à la main à l'école Notre-Dame-de-Grâce
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Quelques cas notables

Amputation d’un doigt à Rouyn-Noranda

En 2014, la CSST a été appelée à intervenir à l’école primaire Notre-Dame-de-Grâce, de la Commission scolaire de Rouyn-Noranda, à la suite d’un accident de travail ayant causé de sérieuses blessures à la main droite d’une travailleuse.

Le 3 février 2014, une éducatrice était en intervention auprès d’un élève désorganisé. Voulant sortir du local, elle se trouvait dans l’entrebâillement de la porte lorsque l’élève a accouru vers elle et a fermé la porte, alors que l’éducatrice avait les doigts dans le cadre.

Celle-ci a du se faire amputer une phalange de l’index droit, en plus d’avoir subi de multiples fractures à ce même doigt. La CSST a jugé qu’au moment de l’événement, la procédure d’intervention avait été respectée et que ces blessures étaient le résultat d’un accident et non d’une agression.

Un étudiant se blesse à Amos

En 2010, un étudiant du Centre de formation Harricana de la Polyvalente la forêt s’est blessé en utilisant un tour conventionnel dans le cadre d’un cours de technique d’usinage. Comme la CSST garde confidentielles les informations concernant les étudiants, il est impossible de savoir quelle partie du corps il s’est blessée, ni les blessures engendrées par l’accident.

On sait toutefois qu’il s’est coincé quelque chose entre le mandarin et la clé du tour. Il a immédiatement été pris en charge par trois secouristes. La CSST s’est rendue sur les lieux le 29 juin 2010 et a constaté plusieurs manquements à la sécurité de la machine. Elle a donc été interdite d’utilisation.

Maux de tête à La Sarre

Une enseignante de l’école l’Envol, pavillon Académie de l’Assomption, à La Sarre, s’est plainte de maux de tête et de problèmes de sinus en 2012. Ceux-ci sont survenus alors que des travaux étaient effectués sur le revêtement extérieur de l’école et que les fenêtres étaient condamnées avec du plastique.

La CSST a constaté que durant la journée, les travaux consistaient à de la pose de brique. À l’extérieur des heures de cours, l’entrepreneur pulvérisait un scellant et un isolant, ce qui causait probablement les maux de tête à l’enseignante. Le système de ventilation avait également été arrêté pour éviter la contamination. La CSST a donc demandé à l’employeur d’ouvrir les fenêtres des locaux opposés afin de créer une circulation d’air.

Dangers en hauteur à Val-d’Or

À Val-d’Or, l’année 2010 a été mouvementée alors que plusieurs écoles subissaient des travaux de réfection des unités de climatisation-chauffage-ventilation, qui se retrouvent sur le toit des bâtiments. La CSST a reçu des plaintes concernant l’accès au toit et les risques de chute en hauteur pour les écoles St-Joseph, St-Philippe, Le Transit, Notre-Dame-du-Rosaire et les Ateliers St-Sauveur.

Si l’école St-Philippe ne semblait pas poser problème, d’autres écoles ont reçu plusieurs dérogations de la part de la CSST. On parle de risques de chute, de manque de formation et de supervision. Finalement, les correctifs ont été apportés par l’employeur.

Répartition des rapports d’intervention de la CSST entre 2010 et 2014 par commission scolaire.

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