Sections

Gaétan Labelle: après la prison, la thérapie


Publié le 6 septembre 2017

En plus des deux dossiers ouverts contre lui le 29 août, Gaétan Labelle fait aussi face à la justice dans le district judiciaire de La Sarre pour des infractions qui auraient été commises le 4 octobre 2016. Trois accusations ont été déposées: fraude de moins de 5000 $, possession d’une carte de crédit volée ou falsifiée et utilisation frauduleuse d’une carte de crédit.

©TC Media - Patrick Rodrigue

Après avoir été condamné à trois reprises à des peines de détention depuis le début de l’année pour 9 accusations de vol, 7 de fraude et 3 de recel, Gaétan Labelle, 49 ans, fait de nouveau face à la justice pour des infractions similaires.

Après être sorti de prison le 13 août, Labelle a été arrêté le 29 pour avoir dérobé deux pantalons à L’Aubainerie de Rouyn-Noranda. En plus d’une accusation de vol de moins de 5000 $, un chef d’entrave au travail des policiers et un d’évasion d’une garde légale ont été déposés contre lui.

Je veux m’en sortir, mais dans mon entourage, ce ne sont que des junkies. Comment veux-tu que je fasse?

Gaétan Labelle

Changer de trail

Le 6 septembre, alors qu’il subissait son enquête sur remise en liberté devant la juge Marie-Claude Bélanger, au Palais de justice de Rouyn-Noranda, Labelle a demandé de suivre une thérapie fermée de trois mois pour régler son problème de consommation de stupéfiants.

Questionné par son avocate, Me Nathalie Samson, Labelle a indiqué avoir contacté un centre de thérapie environ une semaine avant sa dernière arrestation. «À force d’aller en prison, on se tanne. Je veux maintenant changer de trail», a-t-il mentionné.

Contre-interrogé par la Couronne, représentée par Me Mélissa Plante, Labelle a précisé vivre un problème de dépendance à la cocaïne depuis environ deux ans. Il a aussi admis qu’il avait déjà suivi une thérapie fermée de cinq semaines, mais sans succès.

«J’ai perdu mon emploi de concierge dans une garderie il y a environ un an et demi à cause de la drogue. Je veux m’en sortir, mais dans mon entourage, ce ne sont que des junkies. Comment veux-tu que je fasse? Il faudrait que je change de ville», a-t-il lancé.

Une question de sincérité

Me Plante a insisté sur le fait que l’accusé présentait un risque de récidive certain. «Ses nombreux antécédents, toujours pour des vols et des fraudes, remontent à 1985, a-t-elle rappelé. Oui, il y a eu une accalmie de 10 ans à partir de 2006, mais depuis l’automne 2016, les récidives sont fréquentes. Monsieur recommence dès ses sorties de prison. Si son désir de se reprendre en main est sincère, il pourra entreprendre des démarches de thérapie dès sa sortie de prison.»

Me Samson a pour sa part fait valoir que, jusqu’à la fin de 2016, son client avait été un actif pour la société pendant 10 ans et que le centre de thérapie qu’il avait choisi n’offre pas que des services de désintoxication, mais aussi de réinsertion sociale. «Monsieur suivra une thérapie de trois mois ou plus, si cela est jugé nécessaire», a-t-elle signalé.

Rendu à une intersection

La juge Bélanger a fait clairement savoir à Labelle qu’on ne pouvait lui faire confiance. «Malgré vos peines de détention et les conditions qui vous sont ensuite imposées, vous recommencez systématiquement, et ce, depuis très longtemps. Je vois même le nom de mon père décédé figurer dans la liste des juges qui vous ont condamné», a-t-elle souligné.

Elle a néanmoins consenti à lui accorder sa libération, en autant qu’il suive scrupuleusement sa thérapie et qu’il assiste par la suite aux réunions hebdomadaires des Narcotiques Anonymes.

«Même si vous n’êtes pas digne de confiance, je vais vous donner encore une chance de vous reprendre. Vous devez comprendre que vous êtes à une intersection. Pour reprendre vos termes, c’est à vous de choisir la bonne trail», a conclu la juge Marie-Claude Bélanger.

Lisez aussi: