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L'infirmière Nancy Chabot radiée pour six mois

Coupable de mauvais traitements au CHSLD Harricana


Publié le 8 août 2017

Les faits reprochés se sont produits en 2013, au CHSLD Harricana d'Amos.

©Photo TC Média - Archives

L'infirmière Nancy Chabot, ex-chef d'équipe à l'unité de psychogériatrie du centre d'hébergement Harricana d'Amos, écope d'une radiation de six mois après avoir plaidé coupable à divers chefs d'accusation de négligence et de violence physique à l'égard de bénéficiaires, en 2013.

La décision du Conseil de discipline de l'Ordre des infirmières du Québec a été rendue le 18 juillet, soit deux mois après que la femme de 49 ans ait déposé un plaidoyer de culpabilité sur tous les chefs.

Nancy Chabot, qui travaille aujourd'hui dans un centre de détention, avait été congédiée le 28 février 2014 et les plaintes à son endroit ont été déposées par le syndic en décembre 2015.

Gestes graves

Dans son jugement, le Conseil de discipline fait ressortir le caractère grave des gestes posés par l'infirmière.

Ainsi, Nancy Chabot a écopé de six mois de radiation sur le 2e chef d'accusation, soit d'avoir immobilisé un client afin d'y procéder à un soin non-requis. Le 14 mars 2013, l'infirmière avait requis l'aide de quatre intervenants pour forcer un homme à se raser. L'homme a été emmailloté et immobilisé avec un drap, une manoeuvre agressive et violente qui n'est pas prévue au plan thérapeutique infirmier.

«Bien que le contexte de travail puisse parfois être difficile et que le comportement des clients requiert un encadrement particulier, les gestes violents posés par madame Chabot ne peuvent être justifiés et ne doivent être tolérés pour aucune considération. Au surplus, elle implique des membres de son équipe en sollicitant leur aide. Cela ajoute à la gravité de l'infraction commise», écrit le Conseil de discipline dans sa décision.

Négligence et violence

Nancy Chabot a aussi plaidé coupable à une accusation d'avoir fait preuve de négligence en ne prenant pas les moyens nécessaires pour assurer la continuité des soins de quatre clients, omettant notamment d'inscrire des informations à leur dossier.

À titre d'exemple, Mme Chabot n'a jamais dirigé un client vers les soins palliatifs, malgré des signes évidents de fin de vie notés par l'infirmière auxiliaire de soir et de nuit, une semaine avant son décès.

Nancy Chabot s'est aussi reconnue coupable d'être intervenue physiquement de façon inadéquate auprès d'une cliente. Alors que celle-ci refusait de retourner à sa chambre, l'infirmière l'avait saisie par le bras et le poignet et, avec l'aide d'une préposée, l'avait traînée de force.

Enfin, Nancy Chabot est coupable d'avoir incité le personnel à induire une cliente en erreur au sujet du dosage d'un médicament.

En plus des 6 mois de radiation imposés sur le 2e chef d’accusation, Nancy Chabot écope de peines de 2, 4 et 2 mois respectivement sur les trois autres chefs, le tout devant étant purgé de façon concurrente.

Rapport accablant

Un rapport du Protecteur du citoyen publié en août 2015 avait étalé au grand jour qu'il existait, depuis plusieurs années, une culture organisationnelle qui a mené à de nombreux manquements chez plusieurs employés au CHSLD Harricana. Une enquête administrative indépendante menée par le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue avait confirmé ces révélations, en décembre 2015.