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Une poussée causant la mort lui vaut 9 mois de prison


Publié le 11 août 2017

Là où a eu lieu le drame.

©Photo gracieuseté

Reconnu coupable d’homicide involontaire, Marc-André Cormier, 37 ans, de Waskaganish, a écopé d’une peine de 9 mois de détention. Cette décision arrive cinq ans après la mort de Marc Gauthier.

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L'homme avait été retrouvé grièvement blessé et étendu au sol, sur la 3e Avenue, aux petites heures du matin au centre-ville de Val-d’Or, le 22 juillet 2012. Son décès avait été constaté à l’hôpital peu de temps après. La victime avait été poussée avec force par Cormier, qui circulait sur le trottoir. La tête de M. Gauthier avait percuté une colonne de béton.

La juge de la Cour du Québec, Renée Lemoine, a rendu sa décision au Palais de justice de Val-d’Or, vendredi après-midi. La sentence est accompagnée d’une probation surveillée de trois ans, de l’interdiction de consommer de l’alcool et de l’obligation d’entreprendre une thérapie pour cette problématique. Cormier ne peut pas posséder d’armes pendant 10 ans et devra fournir un échantillon de son ADN.

Le dossier est toutefois devant la Cour d’appel du Québec, puisque l’accusé conteste son verdict de culpabilité rendu le 28 avril à la suite d’un procès de trois jours, en novembre 2016.

«Le point crucial de ce dossier est la responsabilité morale. Il s’agit d’un crime à l’objectivité très grave, mais la fourchette des peines est extrêmement large selon les circonstances, l’individu et cette responsabilité morale, a mentionné la juge Lemoine lors des plaidoiries, vendredi en matinée.  

«Il a posé des gestes à un certain degré de violence de nature à causer des lésions, mais il faut distinguer cette cause de celle où une personne a été battue à mort. À l’étape de la peine, on peut considérer le fait que le coup à lui seul n’aurait peut-être pas entraîné la mort. Il y avait nécessairement un autre élément contributoire», a-t-elle ajouté.

La poursuite réclamait 4 ans

Lors des représentations sur la sentence, vendredi matin, l’avocate de la poursuite, Me Véronic Picard, avait suggéré quatre ans de détention, le prélèvement de l’ADN et l’interdiction de posséder des armes pendant 10 ans.  

«Il y a des facteurs atténuants, comme l’absence d’antécédents judiciaires de l’accusé, le fait qu’il n’a pas utilisé d’arme, ne s’est pas acharné sur la victime et a collaboré lors des rencontres pour le rapport pré-sentenciel, a énuméré Me Picard.

«Il a toutefois attaqué un individu de façon gratuite qui a eu le malheur de passer par là, a utilisé une poussée violente et il n’a pas porté assistance à la victime. Il s’est penché sur lui et lui a volé sa casquette, a poursuivi la procureure de la Couronne. M. Cormier a un important problème d’alcool et peut boire minimum six bières par jour. Dans son rapport pré-sentenciel, l’agente de probation parle d’un homme immature, irréfléchi, impulsif qui a évolué dans un environnement violent», a raconté Me Picard.

Détention discontinue

Du côté de la défense, Me Julie Bolduc a suggéré une peine de 90 jours purgée de façon discontinue, d’une probation surveillée de trois ans et de l’obligation de suivre une thérapie dans un centre fermé pour la problématique de consommation d’alcool.

«Certains homicides involontaires se rapprochent d’un accident, comme c’est le cas ici. M. Cormier n’a jamais imaginé que son geste causerait le décès de la victime, a-t-elle souligné.

«Pour entraîner à la mort, il a fallu la combinaison du coup et l’intoxication à l’alcool de la victime. Son décès est extrêmement malheureux, mais M. Cormier ne peut pas assumer son entière responsabilité, a affirmé Me Bolduc.

«Monsieur ne représente pas un risque de récidive ni un danger pour la société. Sa détention n’est pas nécessaire. L’envoyer une longue période ‘’en dedans’’ ne va pas l’aider dans sa réinsertion sociale. Il devrait toutefois entamer une thérapie pour contrôler sa consommation d’alcool», a conclu l’avocate de la défense.

Dans son témoignage lors de son procès, en novembre 2016, Marc-André Cormier avait affirmé avoir consommé une dizaine de bières, une dizaine de shooters, une boisson énergisante, de la cocaïne et un peu de crack le soir des événements. «Je n’ai tué personne. Ce n’est pas moi. Je courais pour rejoindre ma blonde, la personne était en plein milieu et je n’ai pas réussi à ‘’braker’’. Je ne l’ai pas tuée», avait affirmé l’accusé dans son interrogatoire avec la police.