Poursuite de 689 500 $ contre deux médecins de Rouyn-Noranda

Patrick Rodrigue patrick.rodrigue@tc.tc Publié le 18 janvier 2016

Alors que le rapport du coroner déposé en mai 2014 a conclu qu’Emanuelle Corbeil-Châtillon était décédée d’un choc septique, le Journal de Montréal avait révélé, en août 2014, qu’une enquête interne réalisée par le CHRN avait écarté cette cause hors de tout doute.

©Photo TC Media - Patrick Rodrigue

Une poursuite en dommages et intérêts totalisant 689 500 $ a été intentée contre les Drs Alexandre Viau et Guy Faribault par la famille d’Emanuelle Corbeil-Châtillon, décédée le 2 janvier 2014 à l’âge de 27 ans au Centre hospitalier de Rouyn-Noranda (CHRN).

Le conjoint de la victime, ses parents, ses deux frères et son demi-frère reprochent au chirurgien et au radiologiste d’avoir mal évalué, traité et suivi la condition médicale de Mme Corbeil-Châtillon. La poursuite allègue que «n’eût été de la conduite fautive des défendeurs, Emanuelle serait toujours vivante et n’aurait pas souffert jusqu’à son décès».

Enquête du Collège des médecins

La mort d’Emanuelle Corbeil-Châtillon a d'ailleurs donné lieu à une investigation du coroner Jean Brochu qui, le 28 mai 2014, avait conclu que la victime était décédée d’un choc septique. Il s’agit d’une défaillance aiguë provoquée par une infection sanguine grave qui peut survenir lorsqu’une plaie s’infecte.

Dans son rapport, le Dr Brochu avait en outre recommandé au Collège des médecins d’examiner la qualité des soins qui avaient été prodigués à Mme Corbeil-Châtillon. En date du 18 janvier 2016, l’enquête n’avait pas encore été complétée.

Un drainage d’abcès qui n’a jamais eu lieu

Les faits qui sont reprochés aux deux médecins concernent l’annulation du drainage d’un abcès qui était apparu à proximité de l’intestin de la victime à la suite d’une ablation de l’appendice, survenue le 11 décembre 2013.

À compter du 26 décembre 2013, l’état d’Emanuelle Corbeil-Châtillon se détériore graduellement. Dans la soirée du 30 décembre 2013, elle se présente à l’urgence du CHRN pour des douleurs abdominales. L’urgentologue suspecte un abcès et l’envoie subir un scan. Celui-ci révèle la présence d’une lésion d’environ 6x3x4 centimètres.

Dans la matinée du 31 décembre 2013, Mme Corbeil-Châtillon est examinée par le Dr Alexandre Viau, qui note que le scan confirme la présence d’un abcès post-opératoire. Il demande qu’un drainage d’abcès soit prévu durant la journée par le radiologiste.

Plus tard dans la journée, le Dr Viau note au dossier de la victime que son cas a été révisé par le Dr Guy Faribault. Après vérification des symptômes, les deux médecins concluent que la lésion révélée par le scan serait plutôt un sérome (accumulation de sérum sanguin) ou un hématome (accumulation de sang). Ils concluent que le drainage n’est pas nécessaire le jour même et accordent à Emanuelle Corbeil-Châtillon un congé jusqu’au lendemain.

Dans la matinée du 1er janvier 2014, la victime se présente, tel que convenu, au CHRN. Vers 11h, le Dr Viau communique par téléphone avec elle et l’informe que le drainage est annulé. Vers 13h40, Mme Corbeil-Châtillon quitte le CHRN. La nuit suivante, vers 0h15, elle est retrouvée sans vie par son conjoint à leur domicile.

Évaluation négligente

La poursuite note qu’en aucun temps, ni le Dr Viau, ni le Dr Faribault ne se sont présentés au chevet de la victime pendant la journée du 1er janvier 2014.

Selon les plaignants, les deux médecins auraient négligemment évalué, traité et suivi la condition médicale d’Emanuelle Corbeil-Châtillon en procédant à une évaluation incomplète par rapport aux symptômes qu’elle présentait. Ils auraient aussi omis de lui prescrire, dans les temps requis, les examens et les traitements appropriés. Enfin, ils auraient omis d’assurer adéquatement son suivi médical.

«N’eût été de la conduite fautive des défendeurs, Emanuelle serait toujours vivante et n’aurait pas souffert jusqu’à son décès», dénonce-t-on dans la poursuite.

Décès soudain, prématuré et traumatisant

En plus du deuil lié à la perte d’un être qui leur était cher, les plaignants allèguent que le décès de Mme Corbeil-Châtillon continue encore, deux ans plus tard, à les affecter. «Eux qui constituaient une famille très unie, éprouvent un chagrin incommensurable d’autant plus que son décès fut soudain, prématuré et traumatisant», allègue-t-on dans la poursuite.

Par conséquent, ils réclament des Drs Viau et Faribault des sommes totalisant 689 500 $ avec intérêts ainsi que l’indemnité additionnelle prévue par la loi pour compenser les dommages subis, dont 237 500 $ pour le conjoint de la victime, 151 000 $ pour sa mère et 127 500 $ pour son père.

En manchette

Journée de l’arbre à Rouyn-Noranda

Dans le cadre du Mois de l’arbre et des forêts, l’Association forestière de Rouyn-Noranda (AFAT) tiendra sa traditionnelle distribution de plants d’arbres au coin de l’Avenue Murdoch et 7e rue, ce samedi de 10h à 14h.

Poursuite de 689 500 $ contre deux médecins de Rouyn-Noranda

Patrick Rodrigue patrick.rodrigue@tc.tc Publié le 18 janvier 2016

Alors que le rapport du coroner déposé en mai 2014 a conclu qu’Emanuelle Corbeil-Châtillon était décédée d’un choc septique, le Journal de Montréal avait révélé, en août 2014, qu’une enquête interne réalisée par le CHRN avait écarté cette cause hors de tout doute.

©Photo TC Media - Patrick Rodrigue


Une poursuite en dommages et intérêts totalisant 689 500 $ a été intentée contre les Drs Alexandre Viau et Guy Faribault par la famille d’Emanuelle Corbeil-Châtillon, décédée le 2 janvier 2014 à l’âge de 27 ans au Centre hospitalier de Rouyn-Noranda (CHRN).

Le conjoint de la victime, ses parents, ses deux frères et son demi-frère reprochent au chirurgien et au radiologiste d’avoir mal évalué, traité et suivi la condition médicale de Mme Corbeil-Châtillon. La poursuite allègue que «n’eût été de la conduite fautive des défendeurs, Emanuelle serait toujours vivante et n’aurait pas souffert jusqu’à son décès».

Enquête du Collège des médecins

La mort d’Emanuelle Corbeil-Châtillon a d'ailleurs donné lieu à une investigation du coroner Jean Brochu qui, le 28 mai 2014, avait conclu que la victime était décédée d’un choc septique. Il s’agit d’une défaillance aiguë provoquée par une infection sanguine grave qui peut survenir lorsqu’une plaie s’infecte.

Dans son rapport, le Dr Brochu avait en outre recommandé au Collège des médecins d’examiner la qualité des soins qui avaient été prodigués à Mme Corbeil-Châtillon. En date du 18 janvier 2016, l’enquête n’avait pas encore été complétée.

Un drainage d’abcès qui n’a jamais eu lieu

Les faits qui sont reprochés aux deux médecins concernent l’annulation du drainage d’un abcès qui était apparu à proximité de l’intestin de la victime à la suite d’une ablation de l’appendice, survenue le 11 décembre 2013.

À compter du 26 décembre 2013, l’état d’Emanuelle Corbeil-Châtillon se détériore graduellement. Dans la soirée du 30 décembre 2013, elle se présente à l’urgence du CHRN pour des douleurs abdominales. L’urgentologue suspecte un abcès et l’envoie subir un scan. Celui-ci révèle la présence d’une lésion d’environ 6x3x4 centimètres.

Dans la matinée du 31 décembre 2013, Mme Corbeil-Châtillon est examinée par le Dr Alexandre Viau, qui note que le scan confirme la présence d’un abcès post-opératoire. Il demande qu’un drainage d’abcès soit prévu durant la journée par le radiologiste.

Plus tard dans la journée, le Dr Viau note au dossier de la victime que son cas a été révisé par le Dr Guy Faribault. Après vérification des symptômes, les deux médecins concluent que la lésion révélée par le scan serait plutôt un sérome (accumulation de sérum sanguin) ou un hématome (accumulation de sang). Ils concluent que le drainage n’est pas nécessaire le jour même et accordent à Emanuelle Corbeil-Châtillon un congé jusqu’au lendemain.

Dans la matinée du 1er janvier 2014, la victime se présente, tel que convenu, au CHRN. Vers 11h, le Dr Viau communique par téléphone avec elle et l’informe que le drainage est annulé. Vers 13h40, Mme Corbeil-Châtillon quitte le CHRN. La nuit suivante, vers 0h15, elle est retrouvée sans vie par son conjoint à leur domicile.

Évaluation négligente

La poursuite note qu’en aucun temps, ni le Dr Viau, ni le Dr Faribault ne se sont présentés au chevet de la victime pendant la journée du 1er janvier 2014.

Selon les plaignants, les deux médecins auraient négligemment évalué, traité et suivi la condition médicale d’Emanuelle Corbeil-Châtillon en procédant à une évaluation incomplète par rapport aux symptômes qu’elle présentait. Ils auraient aussi omis de lui prescrire, dans les temps requis, les examens et les traitements appropriés. Enfin, ils auraient omis d’assurer adéquatement son suivi médical.

«N’eût été de la conduite fautive des défendeurs, Emanuelle serait toujours vivante et n’aurait pas souffert jusqu’à son décès», dénonce-t-on dans la poursuite.

Décès soudain, prématuré et traumatisant

En plus du deuil lié à la perte d’un être qui leur était cher, les plaignants allèguent que le décès de Mme Corbeil-Châtillon continue encore, deux ans plus tard, à les affecter. «Eux qui constituaient une famille très unie, éprouvent un chagrin incommensurable d’autant plus que son décès fut soudain, prématuré et traumatisant», allègue-t-on dans la poursuite.

Par conséquent, ils réclament des Drs Viau et Faribault des sommes totalisant 689 500 $ avec intérêts ainsi que l’indemnité additionnelle prévue par la loi pour compenser les dommages subis, dont 237 500 $ pour le conjoint de la victime, 151 000 $ pour sa mère et 127 500 $ pour son père.