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L’humeur est à l’humour pour la rentrée à L’Écart


Publié le 30 août 2017

Les œuvres proposées par Annie Paulhus Gosselin sont composées de figures et de citations à double sens. Cette pièce sans titre, par exemple, se veut une réflexion sur l’amour, mais aussi sur les exigences imposées aux femmes pour mériter cet amour.

©L'Écart

Qu’ont en commun un monument architectural composé d’entrejambes féminins, des ninjas bariolés de couleurs vives, un camping de nudistes, des cérémonies vaudou et une vitrine autonettoyante? C’est avec cet improbable mélange que L’Écart amorce sa saison 2017-2018.

À compter de ce soir, le 30 août, et jusqu’au 8 octobre, le lieu d’art actuel de Rouyn-Noranda présente trois nouvelles expositions, dont la toute première en solo d’Annie Paulhus Gosselin. Originaire de Saint-Hyacinthe et habitant à Berry, l’artiste offre une trentaine d’œuvres de petit format réunies sous le thème Je suis désemparée, s.v.p. communiquez avec moi.

Les installations de Pascale LeBlanc Lavigne jonglent avec la création et la destruction dans un étrange ballet mécanique où les appareils explorent eux-mêmes leurs propres limites.
Ricardo Savard

«Ce sont des images à double sens assorties d’une citation, un peu comme un jeu d’associations. Par exemple, on y retrouve une recomposition du Taj Mahal, mais construit en pubis féminins. C’est un parallèle entre un édifice qui a été construit par amour et les exigences de perfection esthétique imposées aux femmes pour mériter cet amour. Ce sont des œuvres qui font beaucoup de sens», a expliqué Matthieu Dumont, coordonnateur de L’Écart.

À la recherche des vêtements perdus

Avec La Forêt s’en vient, l’artiste montréalais Christian Messier s’est inspiré d’une nouvelle portant le même titre pour inviter le public dans un camping nudiste. À travers une série d’événements bizarres et de rencontres insolites, le narrateur cherche à comprendre comment ses vêtements ont pu se volatiliser sans qu’il s’en rende compte et, surtout, comment les retrouver.

«On y retrouve une douzaine de toiles d’inspiration expressionniste, aux couleurs vives, très pâteuses. C’est une reprise à la fois humoristique et inquiétante de la culture populaire, alors que s’enchaînent les ninjas, les nudistes, les cérémonies vaudou et les portraits de tueurs en série. Toujours avec en trame de fond la forêt comme état d’esprit et d’ambiance», a précisé M. Dumont.

Dans un ordre d’idées complètement différent, mais toujours avec humour, Pascale LeBlanc Lavigne propose une réflexion sur l’obsolescence programmée. Une Vitrine, deux feuilles de papier et une roue rassemble trois installations cinétiques et sonores de l’artiste de Québec.

«Il s’agit de sculptures informatisées et mécanisées, mais dont tout le câblage, monté de manière artisanale, est volontairement exposé. Il y a là un aspect bricolage amusant. Et une réflexion sur ces appareils qui s’usent trop vite. Par exemple, dans La Vitrine, on a des machines qui projettent du savon dans la vitre et qui la nettoient. Mais plus elles s’activent, plus elles salissent la vitre», a exposé Matthieu Dumont.

Du bruit dans la ruelle

Le vernissage des trois expositions aura lieu le mercredi 30 août à compter de 17h sous la formule d’une épluchette de blé d’inde mex-californien.

Par la suite, le samedi 2 septembre, L’Écart plongera dans le Festival de musique émergente en compagnie de l’artiste rouynorandien Hubert Jacob. Celui-ci réalisera une installation sonore dans la ruelle de L’Écart à laquelle le public sera invité à collaborer.