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Les acteurs culturels inquiets du retrait des cours de musique


Publié le 21 juin 2017

Suzanne Blais, directrice du Centre musical En sol mineur, est derrière cette lettre envoyée au ministre de l’Éducation et aux commissaires de la Commission scolaire de Rouyn-Noranda.

©TC Media - Marie-Hélène Paquin

Inquiets de l’avenir de la musique à Rouyn-Noranda depuis l’annonce du remplacement de cours de musique par des cours d’arts dramatiques à l’école Notre-Dame-de-Grâce, un regroupement d’acteurs du milieu musical a signé une lettre envoyée au ministre de l’Éducation.

Cette lettre a également été déposée lors de la séance du conseil des commissaires de la Commission scolaire de Rouyn-Noranda (CSRN) du lundi 19 juin. Une copie a de plus été acheminée aux directions d’écoles primaires et secondaires et s’adresse aussi aux parents d’élèves et aux enseignants.

Parmi les signataires, on retrouve le Centre musical En sol mineur, le Conseil de la culture de l’Abitibi-Témiscamingue (CCAT), l’Orchestre symphonique régional de l’Abitibi-Témiscamingue (OSRAT), l’Agora des Arts, le Festival des guitares du monde (FGMAT), le Festival de musique émergente (FME) et la Corporation des fêtes pour tout le monde.

La lettre

«Nous : les artistes, les musiciens et les gestionnaires d’organismes culturels et musicaux, signataires de cette lettre, sommes grandement inquiets de la situation qui prévaut dans les écoles de notre communauté. Le retrait des cours de musique, dans le cheminement d’apprentissage des enfants, nous apparaît une erreur. Nous laisserons parler toutes les études scientifiques sur les bienfaits de la musique dans le développement du cerveau, de l’organisation de la pensée logique, de l’acquisition d’une discipline personnelle et d’un puissant mode d’expression», peut-on lire en début de lettre.

Les signataires font également état des différents talents musicaux qui ont émergé de Rouyn-Noranda ces dernières années. «Au Québec, la musique a contribué à nous démarquer sur ce continent en faisant la promotion de la langue française par ses chansons, dont un certain gars d’ici, Richard Desjardins. Nos musiciens classiques : Jacques Marchand, Jacynthe Riverin, Luc Robert, Caroline Gélinas et Rémi Boucher contribuent à faire de la grande musique savante sur différentes scènes du monde. Refuser à nos enfants le monde de la musique, c’est dire à ces grands musiciens qu’ils font un métier sans importance et surtout sans avenir puisqu’ils n’auront pas de relève, pas d’auditeurs et surtout cela contribuera à développer une ignorance face à leur art si exigeant», a-t-on avancé.

«Isoler les enfants de notre communauté culturelle qui fait la promotion de la musique avec tant d’ardeur est pour nous inadmissible. Auriez-vous oublié dans quelle ville nous vivons? Rouyn-Noranda a une qualité de vie remarquable dont sont grandement responsables les différents festivals, l’orchestre symphonique, les actions sociales du Centre musical En sol mineur, les salles de spectacle et tous les musiciens amateurs et professionnels», conclut-on.

Réponse des commissaires

Les commissaires, par l’entremise de leur président Daniel Camden, ont tenu à rassurer les personnes inquiètes. «La culture pour nous, sous toutes les formes d’art, c’est très important pour nous à la Commission scolaire», a assuré M. Camden.

Toutefois, les commissaires n’ont pas de pouvoir sur les cours qui sont offerts dans une école. «La décision d’enlever ou de garder la musique appartient à la direction de l’école. Plusieurs écoles ont fait le choix de transformer les cours de musique en arts dramatiques pour varier dans l’offre de services. On a transmis cette lettre-là à toutes les directions d’école pour les sensibiliser à leurs préoccupations», a ajouté le président.

Selon la CSRN, le seul cours d’art obligatoire est celui d’arts plastiques. Pour le second cours, les écoles peuvent choisir entre musique, arts dramatiques et danse. Environ la moitié des écoles primaires offriraient des cours de musique, et l’autre moitié des cours d’arts dramatiques.

Dans une région où la vitalité des arts et de la culture font l’envie de bien d’autres régions du Québec. Dans une ville comme Rouyn-Noranda s’étant autoproclamée Capitale culturelle. Nous pensons qu’il est essentiel que la Commission scolaire de Rouyn-Noranda, partenaire majeur dans le développement de notre collectivité, continue de jouer un rôle de leader pour perpétuer cette spécificité. L’enseignement de la musique offert à tous ces élèves devenus grands a été déterminant dans le façonnement de la communauté rouynorandienne d’aujourd’hui. Il est donc non seulement impératif de maintenir ces formations en musique, mais bien d’accroitre le nombre de celles-ci.

Madeleine Perron, CCAT