«Il n'y a pas de sentiment d'appartenance au festival»

Le Festival forestier de Senneterre annule son édition 2017


Publié le 14 février 2017

Les cinq dernières éditions du Festival forestier de Senneterre n'avaient pas connu le succès escompté.

©Photo TC Média – Archives

Le comité organisateur du Festival forestier de Senneterre a annoncé vendredi dernier qu'il n'y aurait pas d'édition 2017. L'absence de sentiment d'appartenance parmi les membres de la communauté senneterienne serait notamment en cause, selon la présidente du festival, Mindie Fournier.

C'est assez difficile de commencer une édition sans aucune ressource Mindie Fournier

La démission de la directrice événementielle récemment engagée a toutefois été la goutte qui a fait déborder le vase. «Les 5-6 dernières années, on a vécu des éditions qui étaient peu ou pas rentables, même déficitaires», explique Mindie Fournier.

Bien que les partenaires financiers étaient au rendez-vous, c'était l'assistance qui n'y était plus, occasionnant des difficultés financières. «Le sentiment d'appartenance au festival est faible», constate Mme Fournier.

Changement de site

Certains festivaliers affirment que le changement de site où se déroulait l'événement serait en cause, mais le problème est plus profond, rétorque Mme Fournier.

«Le site a été changé à l'origine parce qu'il n'y avait pas assez de bénévoles. On était déjà en train de déménager (la prochaine édition) pour inclure davantage les commerçants. Mais encore là, si on manque de bénévoles, on ne peut pas tout faire», indique celle dont l'organisme ne possédait qu'une seule employée, soit la directrice événementielle.

Selon la présidente, plusieurs critiqueraient allégrement l'organisation, mais seraient peu enclins à mettre la main à la pâte. Le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte, est parmi les pionniers de ce festival qui a vu le jour il y a plus d'une vingtaine d'années. Il croit lui aussi qu'il faut faire en sorte que les Senneterriens se le réapproprient.

«C'est un événement qui était très couru par les gens de l'extérieur, mais un peu moins intéressant pour une clientèle locale (depuis les dernières années)», fait-il remarquer.

Le maire souligne que des compétiteurs de partout à travers le monde se rendaient au Festival forestier de Senneterre et que l'événement avait donc une portée internationale. «C'est un événement qui est très demandant au niveau logistique, ce n'est pas un festival ordinaire, fait observer M. Matte. Je tiens à lever mon chapeau au comité organisateur.»

La Ville de Senneterre souhaite participer aux discussions visant à restructurer le festival et participerait à l'édition 2018.

«Brasser la cage»

Mindie Fournier espère que l'annulation permettra de brasser la cage aux festivaliers et au comité organisateur. «Annuler l'édition de cette année, cela nous a fait vraiment mal au cœur, mais on ne pouvait pas tout faire seul. Aidez-nous puis on va faire quelque chose de le "fun en gang"», affirme-t-elle.

La présidente se désole toutefois des impacts négatifs sur l'économie de la ville. Le passage des visiteurs bénéficiait en effet à de nombreux commerçants locaux, selon elle. «Cela nous fait mal au cœur d'avoir l'impression de laisser tomber les commerçants qui sont là pour nous depuis des années», déplore-t-elle.

Le maire Matte mentionne qu'une étude d'impact effectuée dans les années 2000 démontrait qu'il y avait à cette époque entre 20 000 et 25 000 visiteurs au Festival forestier. 

«Toujours des hauts et des bas»

:Selon la directrice générale adjointe de Tourisme Abitibi-Témiscamingue, Stéphanie Lamarche, même les grands événements de la région ont «des hauts et des bas».

«Rappelons-nous de Osisko en lumière il y a deux ans, ou du Rodéo du Camion il y a quelques années. Cela reste un défi de demeurer ancré dans son milieu, estime-t-elle. C'est toujours fragile et les gestionnaires doivent, année après année, relever des défis incroyables.»

La relâche 2017 du Festival forestier n'est pas une bonne nouvelle pour l'offre touristique, puisqu'il s'agissait «d'un événement qui représente bien la région», signale Mme Lamarche. Tourisme A-T compte toutefois contribuer au retour du festival en 2018. «On souhaite collaborer avec eux et les accompagner. On a un consultant en tourisme culturel qui travaille notamment au niveau des festivals et événements», indique Mme Lamarche.