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Du sirop d’érable «made in Rouyn-Noranda»?

La Ville testera le potentiel de ses érables argentés


Publié le 7 avril 2017

Pas moins de 165 érables argentés de Rouyn-Noranda seront garnis de sacs de collecte de sève de ce type au cours des prochains jours, et ce, pour une durée allant de deux semaines à un mois. Pour les besoins de la recherche, il est essentiel de ne pas les retirer ou les endommager.

©Gracieuseté

Si vous voyez des sacs pendre au tronc de certains érables argentés dans le cœur urbain de Rouyn-Noranda, ne les arrachez pas. La Ville procède à une expérience destinée à évaluer leur potentiel pour la production de sirop et pour préserver la génétique de ses plus vieux arbres.

En collaboration avec le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue et l’Université du Québec en Outaouais, 165 arbres du Vieux-Noranda, de Noranda-Ouest et de Rouyn-Sud seront entaillés par des étudiants en foresterie. Des sacs seront installés pour en prélever la sève pendant une durée de 10 à 30 jours.

J’ai eu l’idée lorsque j’ai constaté qu’on était en train de perdre plusieurs de nos plus vieux arbres. Ça me faisait mal au cœur

Simon-Pierre Morisset

Préserver les meilleurs

«Au moins cinq variétés différentes d’érables argentés ont été plantées à Rouyn-Noranda au cours des 80 à 85 dernières années. Cependant, elles ne sont pas toutes adaptées aux conditions nordiques. J’ai eu l’idée de sauvegarder le patrimoine génétique des meilleurs spécimens lorsque j’ai constaté qu’on était en train de perdre plusieurs de nos plus vieux arbres. Ça me faisait mal au cœur», a expliqué l’instigateur du projet, Simon-Pierre Morisset.

Dommages infimes

Les responsables de la recherche entailleront chaque arbre selon un protocole bien précis, avec désinfection des instruments entre chaque entaille et pose de chalumeaux en plastique. Le prélèvement ne causera pas plus de dommage aux arbres qu’un don de sang pour un humain.

«Il est cependant essentiel que les gens n’arrachent pas les sacs de prélèvement. Tous les échantillons de sève sont nécessaires pour l’analyse de la génétique. Des sacs manquants ou contaminés fausseraient les données», a souligné M. Morisset.

Les érables argentés évalués comme étant les mieux adaptés aux conditions nordiques seront par la suite reproduits, soit par prélèvement et germination des graines, soit par bouturage.

Du sirop d’érable argenté?

L’expérience portera aussi sur le potentiel de l’érable argenté en milieu nordique comme source de sirop, au même titre que l’érable argenté en forêt tempérée.

«La sève de l’érable argenté contient elle aussi du sucre, mais en proportions plus réduites que l’érable à sucre. Les données scientifiques là-dessus sont toutefois plutôt rares. On effectuera donc un petit test de bouillage avec la sève pour voir s’il y a possibilité d’en tirer du sirop», a mentionné Simon-Pierre Morisset.