Pénurie de professeurs francophones en Ontario


Publié le 10 mars 2017

Une modification du cursus universitaire et une augmentation des programmes d’immersion sont des facteurs contribuant à la pénurie d’enseignants francophones en Ontario.

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Les changements dans le baccalauréat en enseignement de l’Ontario ainsi que l’augmentation des programmes d’immersion font des enseignants francophones une denrée de plus en plus rare chez nos voisins de l’ouest.

La pénurie d’enseignantes et enseignants francophones en Ontario a touché les 12 conseils scolaires francophones en septembre 2016. Même si l’ensemble des postes permanents a pu être comblé en faisant appel aux différentes listes de rappel, le nombre de suppléants qualifiés est très limité en ce moment.

«En Ontario, les professeurs doivent d’abord faire un baccalauréat dans leur formation initiale, par exemple l’histoire, avant de faire un baccalauréat en enseignement. Jusqu’en 2014, cette formation universitaire supplémentaire se donnait sur une seule année. Maintenant, le diplôme d’enseignement s’obtient après deux années d’études», a expliqué Rémi Sabourin, président de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO).

«Il n’y a donc eu aucun gradué lors de l’année scolaire 2015-2016, a-t-il précisé. Chaque année, nous embauchons entre 300 et 400 nouveaux enseignants et nous n’avons pu le faire en raison de cette cohorte universitaire manquante.»

La modification mise en place fait en sorte que les aspirants professeurs doivent étudier six ans à l’université. «En plus de cela, le nombre de places disponibles dans les universités a diminué, a poursuivi M. Sabourin. En 2014, un total de 1300 demandes au baccalauréat en enseignement avait été effectuées. Lors de l’entrée en fonction de la modification, en 2016, il n’y a eu que 564 demandes. On sent un certain découragement de la part des futurs professeurs.»

Programme d’immersion

Un autre facteur explique également la pénurie de professeurs francophones chez nos voisins ontariens, soit le développement de programme d’immersion dans les écoles.

«De plus en plus d’écoles offrent des programmes d’immersion et viennent piger dans notre banque de professeurs francophones, a fait savoir Rémi Sabourin. Dans la région d’Ottawa, ce sont presque 70 % des élèves qui sont inscrits dans ce genre de programmes.»

Problème de recrutement

Les problèmes de recrutement sont également présents. Comme au Québec, la valorisation de la profession enseignante est un enjeu. «Pour répondre à la demande de professeurs francophones, nous recrutons au Québec et au Manitoba, a poursuivi M. Sabourin. Mais, il y a également une pénurie d’enseignants dans les provinces limitrophes de l’Ontario. Nous nous tournons également vers la France et la Belgique pour combler des postes.»

Un enseignant qualifié au Québec peut enseigner en Ontario. «Il doit d’abord faire reconnaître ses qualifications par l’Ontario College of Teachers», a souligné le président de l’AEFO.