Léandre Bergeron pourrait continuer à produire dans sa cuisine

Thierry de Noncourt thierry.denoncourt@tc.tc
Publié le 26 novembre 2015

La production boulangère de Léandre Bergeron présente un risque faible. Il pourra donc continuer à produire son pain dans sa cuisine, comme il se plaît à le faire depuis plus de 30 ans.

©TC Media - Archives - Thierry de Noncourt

Léandre Bergeron, boulanger de La Semence, alimentation saine, a finalement accepté la visite des inspecteurs du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (Mapaq).

Un inspecteur a été dépêché de Québec pour l’occasion. «Je les ai laissés entrer et ils ont constaté que la charge de risque actuelle était faible. C’est-à-dire qu’il n’y a aucun danger dans mes méthodes de production», a dit le boulanger. Il aurait l’intention d’écrire au Mapaq pour expliquer sa situation et proposer des pistes de solution. Normalement la production alimentaire doit être réalisée en milieu aseptisé «comme dans un bloc opératoire», a dit l’artisan.

Dans le cas de l’artisan local, une demande de d’exception serait adressée pour passer outre certaines exigences. «À cause de mon droit acquis, ça fait 30 ans que je produis de cette façon», a confié M. Bergeron. Étant donné le faible risque, seule une inspection aux trois ans serait exigée de la part du Mapaq.

Solution drastique et créative

Le militant, qui résistaient aux dictats du Mapaq et qui avait continué de fabriquer son pain dans sa propre cuisine, avait trouvé comme solution d’offrir ses produits gratuitement pour se soustraire à la réglementation. Sa clientèle se réjouissait de ce dénouement et acceptait de donner gracieusement l’aumône au boulanger.

Même la Chambre de commerce et d’industrie de Rouyn-Noranda (CCIRN) avait plaidé en faveur du rebelle, arguant qu’aucune plainte n’avait été signalée.

Malgré tout, les inspecteurs menaçaient de jeter la production boulangère au rebut si M. Bergeron ne se soumettait pas à l’inspection. Aujourd’hui, le boulanger pousse un soupir de soulagement et devrait pouvoir bénéficier d’une dérogation et ainsi poursuivre son œuvre.

Léandre Bergeron est aussi l’auteur de plusieurs livres, dont  Le petit manuel d’histoire du Québec , paru en 1970 ou Comme des invitées de marque, paru en 2002 et qui porte sur l’enseignement de ses enfants à la maison.