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Gestion de l'eau: Bourgeois estime le financement suffisant


Publié le 6 avril 2017

Le député d'Abitibi-Est, Guy Bourgeois

©Photo TC Média – Archives

Le député d'Abitibi-Est, Guy Bourgeois, estime que le financement alloué par Québec à l'Organisme de bassin versant d'Abitibi-Jamésie (OBVAJ) est approprié. 

En début de semaine, l'OBVAJ a dénoncé qu'aucune augmentation du financement des organismes de bassin versant (OBV) n'était prévue dans le dernier budget du gouvernement, alors qu'ils se considèrent sous-financés depuis plusieurs années. La directrice générale par intérim de l'OBVAJ, Geneviève Mongeau, soulignait qu'il faudrait entre 350 000 et 450 000 $ pour permettre la réalisation des mandats. Or les OBV reçoivent en moyenne 125 500 $ par année.

On maintenait le financement de ces organismes au même niveau qu'ils étaient. Il n'y a pas eu d'indexation

Guy Bourgeois

Rappelons que l'organisme de bassin versant d'Abitibi-Jamésie (OBVAJ) est mandaté par le ministère de l'Environnement pour promouvoir et coordonner la gestion intégrée de l'eau par bassin versant. Le Plan directeur de l'eau, façonné par l'organisme, a été approuvé par le ministère en décembre dernier.

Guy Bourgeois réagit

«On n'a pas choisi de les abolir, mais au contraire, on maintient les budgets pour maintenir les organismes», réplique le député Guy Bourgeois. Il estime que leur financement est suffisant puisque le gouvernement ne les a pas mandatés pour mettre en place des projets, mais plutôt pour promouvoir le Plan directeur de l'eau et assurer le suivi de la mise en œuvre de ce dernier.

«C'est la responsabilité des acteurs qui sont liés à chacune des actions d'assurer la mise en œuvre puis de trouver le financement associé», explique-t-il. Du point de vue du gouvernement, ce serait donc à d'autres intervenants comme les villes, les regroupements de propriétaires riverains ou encore les entreprises de proposer des projets pour protéger l'eau. L'OBVAJ n'agirait donc, en d'autres mots, qu'à titre de conseiller.

Ainsi, malgré l'adoption du Plan directeur en décembre dernier, cela ne changerait pas les besoins financiers de l'OBVAJ puisqu'il n'aurait théoriquement pas une tâche plus lourde en perspective. «D'augmenter des budgets pour que les OBV développent des projets, ce n'est pas l'orientation qu'on a prise, explique M. Bourgeois. S'ils souhaitent développer des projets, ils pourront appliquer (sur des programmes) et se trouver des partenaires.»

M. Bourgeois a souligné en entrevue qu'il existe plusieurs programmes vers lesquels les promoteurs des projets peuvent se tourner pour obtenir une aide financière. «Il y a 46 M $ de prévus pour la stratégie québécoise de l'eau», souligne-t-il.

Théorie vs réalité

La directrice par intérim de l'OBVAJ, Geneviève Mongeau, reconnaît qu'en théorie, ce n'est pas nécessairement à son organisme de mettre en place des projets. «Mais si nous ne développons pas des projets, il n'y a rien qui se passe, s'insurge Mme Mongeau. Personne ne prend en considération notre plan d'action.» Les municipalités ne mettront pas spontanément en place des projets en cohérence avec le Plan directeur de l'eau, constate l'organisme.

Selon la directrice générale par intérim, bien que le gouvernement ait mandaté les 40 OBV en 2009 d'assurer la mise en place d'un plan de gestion intégrée de l'eau, il n'a pas pris les moyens pour promouvoir leur rôle de leader en la matière.  «Le gouvernement a mis en place un nouveau type de gouvernance, mais personne ne nous connaît», souligne Mme Mongeau.

«Il faut qu'il y ait des projets à l'échelle du bassin versant, affirme Mme Mongeau. On n'a pas le choix, on ne peut pas juste vendre une idée, mais il faut développer le projet, puis tranquillement intégrer les municipalités et certains acteurs.»

Selon elle, les différents acteurs n'ont pas encore l'habitude de consulter son organisme, ni le Plan directeur de l'eau et le plan d'action qui en découle. «Peut-être que dans 30 ans, la situation sera différente et qu'ils auront le réflexe de mettre en place des actions sur la gestion de l'eau en concordance avec les actions du plan d'action», espère-t-elle.

Toutefois, les défis en vue pour la préservation de nos cours d'eau sont majeurs et nécessitent des interventions, selon l'OBVAJ. L'organisme développe actuellement un projet d'analyse des eaux de surface et tente de mobiliser plusieurs acteurs du milieu. La Ville de Val-d'Or a d'ailleurs adopté une résolution favorable à leur projet lors de la séance du conseil de lundi. «Si nous on ne le faisait pas, il n’y aurait personne sur le territoire qui ferait l'analyse de la qualité de l'eau présentement», conclu Mme Mongeau.