Les femmes dénoncent les blessures causées par l’austérité


Publié le 25 avril 2017

«Il y a 10 milliards de solutions», ont scandé les femmes qui ont pris part à la journée d’action. Elles faisaient référence aux 18 solutions fiscales que la Coalition Main Rouge a proposées au gouvernement Couillard pour récupérer 10 milliards $ sans recourir à la tarification ni à la privatisation des services publics.

©TC Media - Patrick Rodrigue

Une trentaine de membres des différents centres de femmes de l’Abitibi-Témiscamingue ont bruyamment réclamé, pendant l’heure du lunch du 25 avril, un réinvestissement massif dans les services publics.

Apposant de gros pansements sur une silhouette recouverte de «blessures» inhérentes à l’austérité libérale, plusieurs femmes ont défilé tour à tour pour exposer les conséquences des compressions budgétaires et le fait que les hausses annoncées dans le budget 2017 ne couvrent pas tous les besoins.

«Si le gouvernement a pu se constituer un trésor de plasters pour sa lune de miel pré-électorale, c’est en ayant coupé massivement dans les services publics», a dénoncé une des participantes.

Les premières victimes

Les femmes seraient en effet les victimes les plus importantes de l’austérité libérale. «Les services publics à prédominance féminine, comme les centres de la petite enfance et les organismes communautaires, ont beaucoup fait les frais des coupures. Elles doivent maintenant faire plus avec moins, avec les conséquences qui s’ensuivent: stress, précarité d’emploi, épuisement professionnel, etc.», a fait observer Brigitte Arseneault, représentante médias des centres de femmes de l’Abitibi-Témiscamingue.

Dégradation

Le manque de financement des services publics aurait également conduit à leur dégradation, ce qui a contraint plusieurs familles à se tourner vers les services privés. Or, ce choix aurait aussi obligé de nombreuses femmes à revenir à des rôles sociaux plus traditionnels.

«En raison des coûts beaucoup plus élevés au privé, par exemple dans les garderies, plusieurs femmes ont préféré retourner à la maison pour s’occuper de leurs enfants parce que cela revenait moins cher. Il en résulte un appauvrissement généralisé», a dénoncé Joanie Boivin, porte-parole régionale des centres de femmes de l’Abitibi-Témiscamingue pour la journée d’action.