Les médias régionaux, baromètres de la santé des régions selon une étude


Publié le 26 avril 2017

©TC Media - Philippe de la Chevrotière

Un document préparé par la firme Influence Communication confirme la baisse marquée de l’information régionale au niveau du Québec, tout en mettant en lumière l’importance grandissante des médias régionaux, notamment les hebdomadaires.

Le Conseil provincial du secteur des communications (CPSC) a dévoilé, le 20 avril, une analyse sur la présence médiatique dans les régions du Québec. Ce document préparé par Influence Communication dresse un bilan de santé inquiétant de l'information locale.

Si les hebdos et les stations régionales disparaissent, l’information web qu’ils produisent disparaîtra elle aussi

Alain Caron, président du CPSC

Les observations de l’étude démontrent que le volume et le type d’information locale se veulent un baromètre social, politique et économique d’une région. «L’état de santé d’une région s’exprime beaucoup par celui de ses médias», souligne l’analyse.

Plus du tiers aux journaux papier

En Abitibi-Témiscamingue, 34 % de toute l’information locale est produite par les hebdomadaires en format papier, que ce soit La Frontière, L’Écho Abitibien, Le Citoyen ou Le Reflet. À cela doit s’ajouter Internet, qui compte pour 21 % du contenu local produit dans la région.

«Notre analyse démontre que l’information locale sur Internet provient en très grande partie des journaux, de la radio et de la télévision. Si les hebdos et les stations régionales disparaissent, l’information web qu’ils produisent disparaîtra elle aussi», a expliqué Alain Caron, président du CPSC.

Désertées par les grands médias

L’étude démontre que les hebdomadaires constituent un rempart important en information locale, qui comble l’immense fossé créé par la disparition progressive de la télévision (voir encadré), mais surtout par la baisse de la couverture régionale par les grands médias.

Depuis le début des années 2000, les régions ont perdu 88 % de leur vélocité dans les médias, selon les chiffres d’Influence Communication. Cette baisse serait une conséquence directe de la diminution de la présence médiatique dans les régions. L’étude note que les quotidiens, les réseaux nationaux d’information, la radio et la télévision sont de moins en moins présents ailleurs que dans les grands centres urbains.

Seuls des événements de grande envergure, tels que la tragédie de Lac-Mégantic ou l’incendie à L’Isle-Verte, permettent aux régions de prendre une place importante dans la couverture médiatique de la province, mentionne l’analyse.

Uniformisation de la nouvelle

Un autre aspect couvert par l’étude est celui de l’uniformisation de la nouvelle. Plus simplement: l’ensemble des médias traitent des mêmes sujets selon le même angle. Une partie de ce phénomène est visible par la polarisation des contenus ou l’augmentation des textes d’opinion sur un même sujet.

Or, cette tendance à couvrir partout une même nouvelle et à la polariser se fait aux dépens de la couverture des enjeux locaux.

Ces constats font dire à Alain Caron qu’il est urgent d’agir. «Les médias régionaux et les nouvelles locales sont des baromètres de la santé et de la vitalité des régions. Il faut stopper ce déclin; il en va de la santé démocratique et économique des régions. La ministre fédérale Mélanie Joly et le ministre provincial Luc Fortin doivent appliquer des correctifs», a-t-il signalé.

 

Élections municipales

L’analyse a démontré qu’il existe un lien entre la place accordée à l’information locale et le taux de participation aux élections municipales. Les régions où l’on retrouve plus de contenu local comptent sur un taux de participation plus élevé aux élections municipales. L’inverse est aussi vrai.

Déclin de la télévision

L’étude souligne aussi l’affaiblissement de la télévision en termes de contenu local. Elle ne contribue que pour 5 % de l’information régionale, alors qu’elle génère 13 % de l’ensemble de l’information québécoise, tous secteurs confondus. Influence Communication estime que la télévision est en voie de devenir un média essentiellement national.

Sujets couverts par les médias en Abitibi

Politique                        20 %

Économie                      19 %

Faits divers et justice    18 %

Sports                            16 %

Communautaire           16 %

Culture                           6 %

Autres                            5 %

Source: Influence Communication