Un fer à cheval pourrait porter malheur aux forêts de la région

La chenille arpenteuse n’a besoin que de deux ans pour tuer 80 % des arbres

Patrick Rodrigue patrick.rodrigue@tc.tc Publié le 28 janvier 2016

La chenille de l’arpenteuse de la pruche se déplace en formant des fers à cheval caractéristiques. De nature gaspilleuse, elle ne prend qu’une bouchée dans chaque aiguille avant de passer à l’autre. Le dégât est cependant suffisant pour tuer l’aiguille, qui tombe alors au sol.

©Photo gracieuseté - Ressources naturelles Canada

À compter du printemps prochain, si vous voyez une chenille avancer en formant un fer à cheval, empressez-vous de la capturer et de l’apporter au plus vite à un spécialiste des insectes. Vous préviendrez peut-être une invasion forestière dont les ravages pourraient être bien pires que ceux causés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Jusqu’à tout récemment, l’arpenteuse de la pruche (Lambdina fiscellaria fiscellaria (Guenee)) s’était surtout attaquée aux forêts des Maritimes et de la péninsule gaspésienne. Hors, on en retrouverait désormais aussi au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Si elle n’a pas encore été repérée en Abitibi-Témiscamingue, ce pourrait n’être qu’une question de temps. Et les conséquences pourraient alors se révéler dramatiques.

Peu importe l’âge des arbres, la chenille va manger de tous les types de conifères. Et lorsqu’il n’y a plus de conifères, elle passe aux feuillus

Lucie Royer

Un adversaire vorace

«Malgré son nom, l’arpenteuse de la pruche préfère le sapin baumier. Cependant, c’est un insecte polyphage redoutable. Peu importe l’âge des arbres, la chenille va manger de tous les types de conifères. Et lorsqu’il n’y a plus de conifères, elle passe aux feuillus», a expliqué Lucie Royer, chercheure scientifique en dynamique des populations au Centre de foresterie des Laurentides de Ressources naturelles Canada.

Comme si ce n’était pas suffisant, l’insecte se caractérise aussi par son gaspillage. «L’arpenteuse ne prend qu’une seule bouchée de l’aiguille, puis passe à une autre. Cependant, le dégât est suffisant pour tuer l’aiguille. De cette manière, elle est capable de tuer environ 80 % des arbres en seulement deux ans d’infestation grave. Et l’infestation est aussi rapide que spectaculaire», a détaillé Mme Royer.

Lors d’une infestation grave, l’arpenteuse de la pruche n’a besoin que de deux ans pour tuer 80 % des arbres dans le peuplement touché. Les cimes sont alors défoliées de façon aussi rapide que spectaculaire.
Photo gracieuseté - Ressources naturelles Canada

Aux armes!

Selon la chercheure, les changements climatiques, avec le réchauffement accéléré qu’ils vont entraîner dans les régions nordiques, va favoriser la migration de l’arpenteuse de la pruche vers l’intérieur du continent. «C’est très plausible de la voir éventuellement apparaître en Abitibi-Témiscamingue», a-t-elle mis en garde.

La bonne nouvelle, c’est que plusieurs outils ont été développés pour établir de manière très précise la cartographie des déplacements du ravageur. La surveillance des forêts pourra donc être mieux planifiée.

Les chercheurs sont aussi en mesure de mieux prévoir la phénologie de l’insecte, donc le stade où il est le plus vulnérable. «Comme l’épandage d’insecticide biologique Bacillus thuringiensis assure un contrôle très efficace des infestations, c’est un autre avantage de notre côté», a signalé Lucie Royer.

Les papillons, de couleur crème, apparaissent à la fin d’août. On les voit souvent jusqu’à la fin de l’automne, même quand le sol est couvert de neige.
Photo gracieuseté - Ressources naturelles Canada

Appel aux détectives de la forêt

À l’heure actuelle, la prévention demeure la meilleure arme contre le petit envahisseur. La chercheure recommande donc à toute personne qui verrait une chenille verdâtre qui se déplace en formant des fers à cheval caractéristique de la capturer, puis de l’apporter à un bureau local du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour analyse.

«Il existe plusieurs espèces d’arpenteuse, et elles ne sont pas toutes aussi dangereuses que celle de la pruche. C’est pourquoi il est préférable de laisser les spécialistes se prononcer avant de sonner l’alarme», a mentionné Lucie Royer.

En manchette

27 500 $ pour la Maison de l’Envol

Le tournoi de golf annuel organisé par TC Media en partenariat avec la Financière Sun Life a permis d’amasser la rondelette somme de 27 500 $ pour la maison de soins palliatifs l’Envol, de Rouyn-Noranda, le lundi 27 juin.

Un fer à cheval pourrait porter malheur aux forêts de la région

La chenille arpenteuse n’a besoin que de deux ans pour tuer 80 % des arbres

Patrick Rodrigue patrick.rodrigue@tc.tc Publié le 28 janvier 2016

La chenille de l’arpenteuse de la pruche se déplace en formant des fers à cheval caractéristiques. De nature gaspilleuse, elle ne prend qu’une bouchée dans chaque aiguille avant de passer à l’autre. Le dégât est cependant suffisant pour tuer l’aiguille, qui tombe alors au sol.

©Photo gracieuseté - Ressources naturelles Canada


À compter du printemps prochain, si vous voyez une chenille avancer en formant un fer à cheval, empressez-vous de la capturer et de l’apporter au plus vite à un spécialiste des insectes. Vous préviendrez peut-être une invasion forestière dont les ravages pourraient être bien pires que ceux causés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette.

Jusqu’à tout récemment, l’arpenteuse de la pruche (Lambdina fiscellaria fiscellaria (Guenee)) s’était surtout attaquée aux forêts des Maritimes et de la péninsule gaspésienne. Hors, on en retrouverait désormais aussi au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Si elle n’a pas encore été repérée en Abitibi-Témiscamingue, ce pourrait n’être qu’une question de temps. Et les conséquences pourraient alors se révéler dramatiques.

Peu importe l’âge des arbres, la chenille va manger de tous les types de conifères. Et lorsqu’il n’y a plus de conifères, elle passe aux feuillus

Lucie Royer

Un adversaire vorace

«Malgré son nom, l’arpenteuse de la pruche préfère le sapin baumier. Cependant, c’est un insecte polyphage redoutable. Peu importe l’âge des arbres, la chenille va manger de tous les types de conifères. Et lorsqu’il n’y a plus de conifères, elle passe aux feuillus», a expliqué Lucie Royer, chercheure scientifique en dynamique des populations au Centre de foresterie des Laurentides de Ressources naturelles Canada.

Comme si ce n’était pas suffisant, l’insecte se caractérise aussi par son gaspillage. «L’arpenteuse ne prend qu’une seule bouchée de l’aiguille, puis passe à une autre. Cependant, le dégât est suffisant pour tuer l’aiguille. De cette manière, elle est capable de tuer environ 80 % des arbres en seulement deux ans d’infestation grave. Et l’infestation est aussi rapide que spectaculaire», a détaillé Mme Royer.

Lors d’une infestation grave, l’arpenteuse de la pruche n’a besoin que de deux ans pour tuer 80 % des arbres dans le peuplement touché. Les cimes sont alors défoliées de façon aussi rapide que spectaculaire.
Photo gracieuseté - Ressources naturelles Canada

Aux armes!

Selon la chercheure, les changements climatiques, avec le réchauffement accéléré qu’ils vont entraîner dans les régions nordiques, va favoriser la migration de l’arpenteuse de la pruche vers l’intérieur du continent. «C’est très plausible de la voir éventuellement apparaître en Abitibi-Témiscamingue», a-t-elle mis en garde.

La bonne nouvelle, c’est que plusieurs outils ont été développés pour établir de manière très précise la cartographie des déplacements du ravageur. La surveillance des forêts pourra donc être mieux planifiée.

Les chercheurs sont aussi en mesure de mieux prévoir la phénologie de l’insecte, donc le stade où il est le plus vulnérable. «Comme l’épandage d’insecticide biologique Bacillus thuringiensis assure un contrôle très efficace des infestations, c’est un autre avantage de notre côté», a signalé Lucie Royer.

Les papillons, de couleur crème, apparaissent à la fin d’août. On les voit souvent jusqu’à la fin de l’automne, même quand le sol est couvert de neige.
Photo gracieuseté - Ressources naturelles Canada

Appel aux détectives de la forêt

À l’heure actuelle, la prévention demeure la meilleure arme contre le petit envahisseur. La chercheure recommande donc à toute personne qui verrait une chenille verdâtre qui se déplace en formant des fers à cheval caractéristique de la capturer, puis de l’apporter à un bureau local du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour analyse.

«Il existe plusieurs espèces d’arpenteuse, et elles ne sont pas toutes aussi dangereuses que celle de la pruche. C’est pourquoi il est préférable de laisser les spécialistes se prononcer avant de sonner l’alarme», a mentionné Lucie Royer.