Bois, béton et acier doivent devenir des alliés dans la construction

Patrick Rodrigue patrick.rodrigue@tc.tc Publié le 21 janvier 2016

Sylvain Ménard a rappelé que chaque maison dotée d’une structure en bois emmagasine environ 28 tonnes de CO2. Cela correspond à sept ans d’émissions de gaz d’une voiture familiale.

©Photo TC Media - Patrick Rodrigue

Tant que les trois grandes industries de la construction ne collaboreront pas entre elles au lieu d'être en compétition, le bois risque de ne jamais occuper la place qui, pourtant, devrait lui revenir.

C’est la conclusion qu’a livré Sylvain Ménard, professeur en génie civil spécialisé en structures de bois à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), lors d’une conférence prononcée devant des enseignants et des étudiants en foresterie de l’UQAT et du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue.

«Il y a depuis longtemps une lutte entre le bois, le béton et l’acier dans le domaine de la construction, a-t-il rappelé. Et tant que chaque secteur voudra accaparer 100 % du marché, on va passer à côté de beaux projets.»

Les matériaux les plus nouveaux ne sont pas forcément les meilleurs

Sylvain Ménard

S’allier avec les meilleurs

M. Ménard croit, au contraire, que ces trois industries auraient avantage à collaborer. «Il faut prouver que ces matériaux peuvent et doivent travailler ensemble, a-t-il lancé. Les projets hybrides sont les plus prometteurs, puisqu’on va chercher les avantages de chaque matériau.»

Le problème, a-t-il fait observer, c’est que la plupart des ingénieurs forestiers sont très forts en bois, mais leurs connaissances demeurent assez limitées pour ce qui est des structures. Chez les ingénieurs civils, c’est la situation inverse qui se produit. Le portrait est cependant en train de changer, alors que l’UQAC a développé des cours concernant le bois pour les formations de 1er et 2e cycle en génie civil.

«De plus en plus d’universités au Canada sont intéressées par ce programme, a mentionné Sylvain Ménard. L’important demeure cependant de s’allier avec les meilleurs dans chaque domaine afin que les forces viennent équilibrer les faiblesses. Il est impossible de tout connaître lorsqu’on évoque le bois dans la construction, que ce soit le comportement mécanique, la résistance au feu, l’architecture, l’aspect visuel, le volet écologique, etc.»

Le passé et la nature

Selon le professeur, le bois doit aussi retrouver les lettres de noblesse qu’il a perdues au fil des siècles dans la construction. «Les matériaux les plus nouveaux ne sont pas forcément les meilleurs, a-t-il fait valoir. Au Japon, on retrouve des bâtiments en bois de grande hauteur qui datent du VIIe siècle. En Chine, les plus anciens remontent au XIe siècle. Certains sont même plus hauts que les plus hauts projets actuels.»

Outre l’importance de puiser dans le passé pour inspirer l’avenir, M. Ménard croit qu’il faudrait aussi calquer davantage la nature. «On est encore loin de le faire, a-t-il signalé. Par exemple, le rapport entre la base et la hauteur de la Burj Khalifa, le plus haut bâtiment du monde, à Dubaï, est de 1:5. Pour un séquoia, il est de 1:10.»

Bois, béton et acier doivent devenir des alliés dans la construction

Patrick Rodrigue patrick.rodrigue@tc.tc Publié le 21 janvier 2016

Sylvain Ménard a rappelé que chaque maison dotée d’une structure en bois emmagasine environ 28 tonnes de CO2. Cela correspond à sept ans d’émissions de gaz d’une voiture familiale.

©Photo TC Media - Patrick Rodrigue


Tant que les trois grandes industries de la construction ne collaboreront pas entre elles au lieu d'être en compétition, le bois risque de ne jamais occuper la place qui, pourtant, devrait lui revenir.

C’est la conclusion qu’a livré Sylvain Ménard, professeur en génie civil spécialisé en structures de bois à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), lors d’une conférence prononcée devant des enseignants et des étudiants en foresterie de l’UQAT et du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue.

«Il y a depuis longtemps une lutte entre le bois, le béton et l’acier dans le domaine de la construction, a-t-il rappelé. Et tant que chaque secteur voudra accaparer 100 % du marché, on va passer à côté de beaux projets.»

Les matériaux les plus nouveaux ne sont pas forcément les meilleurs

Sylvain Ménard

S’allier avec les meilleurs

M. Ménard croit, au contraire, que ces trois industries auraient avantage à collaborer. «Il faut prouver que ces matériaux peuvent et doivent travailler ensemble, a-t-il lancé. Les projets hybrides sont les plus prometteurs, puisqu’on va chercher les avantages de chaque matériau.»

Le problème, a-t-il fait observer, c’est que la plupart des ingénieurs forestiers sont très forts en bois, mais leurs connaissances demeurent assez limitées pour ce qui est des structures. Chez les ingénieurs civils, c’est la situation inverse qui se produit. Le portrait est cependant en train de changer, alors que l’UQAC a développé des cours concernant le bois pour les formations de 1er et 2e cycle en génie civil.

«De plus en plus d’universités au Canada sont intéressées par ce programme, a mentionné Sylvain Ménard. L’important demeure cependant de s’allier avec les meilleurs dans chaque domaine afin que les forces viennent équilibrer les faiblesses. Il est impossible de tout connaître lorsqu’on évoque le bois dans la construction, que ce soit le comportement mécanique, la résistance au feu, l’architecture, l’aspect visuel, le volet écologique, etc.»

Le passé et la nature

Selon le professeur, le bois doit aussi retrouver les lettres de noblesse qu’il a perdues au fil des siècles dans la construction. «Les matériaux les plus nouveaux ne sont pas forcément les meilleurs, a-t-il fait valoir. Au Japon, on retrouve des bâtiments en bois de grande hauteur qui datent du VIIe siècle. En Chine, les plus anciens remontent au XIe siècle. Certains sont même plus hauts que les plus hauts projets actuels.»

Outre l’importance de puiser dans le passé pour inspirer l’avenir, M. Ménard croit qu’il faudrait aussi calquer davantage la nature. «On est encore loin de le faire, a-t-il signalé. Par exemple, le rapport entre la base et la hauteur de la Burj Khalifa, le plus haut bâtiment du monde, à Dubaï, est de 1:5. Pour un séquoia, il est de 1:10.»