Les mines doivent d’abord bénéficier à ceux qui les accueillent

L’Abitibi-Témiscamingue, le Nord-du-Québec et la Côte-Nord unissent leurs voix

Patrick Rodrigue patrick.rodrigue@tc.tc
Publié le 10 juin 2015

Pour les trois principales régions minières du Québec, l’exploitation des ressources naturelles doit en premier lieu bénéficier aux communautés où celle-ci a lieu. Sur cette photo, la mine Canadian Malartic, située à Malartic.

©Photo TC Media - Archives/Myriam Grenier

Les trois principales régions minières du Québec demandent une fois encore au gouvernement Couillard de mettre en place des mesures pour s’assurer que les mines bénéficient d’abord et avant tout aux communautés qui les accueillent.

Mario Provencher, maire de Rouyn-Noranda et président de la Table des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue, René Dubé, maire de Matagami et président de l’Administration régionale Baie-James, et Micheline Anctil, mairesse de Forestville et présidente de la Table des préfets de la Côte-Nord, ont fait front commun pour obtenir un réel dialogue avec le gouvernement, alors que l’épineuse question des redevances minières semble plus que jamais loin d’être réglée.

Des redevances pour les grands centres

Le 9 mars, le premier ministre Philippe Couillard avait exprimé sa volonté de créer des fonds locaux et régionaux afin que les communautés qui accueillent des projets de développement minier, pétrolier ou gazier sur leur territoire puissent en tirer des bénéfices. Ces fonds devaient notamment s’appuyer sur un partage équitable des redevances tirées de l’exploitation des ressources naturelles.

Or, comme l’a fait savoir le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire, Pierre Moreau, aux Assises de l’Union des municipalités du Québec, les municipalités où l’on ne retrouve pas de mines, par exemple Montréal, pourraient elles aussi bénéficier de l’exploitation des ressources naturelles dans les régions minières afin de diversifier leurs sources de revenus.

Un souci d’équité entre les régions

Les trois régions, qui génèrent 96 % de l’activité minière au Québec, veulent donc rencontrer une fois encore le gouvernement à propos de leurs besoins particuliers et des objectifs des fonds locaux et régionaux.

«Par définition, le développement minier n’est pas durable, a rappelé Mme Anctil. La seule manière de le rendre durable, c’est par la création d’un fonds qui permettra de diversifier l’économie des régions minières, dans un souci d’équité entre les générations, mais aussi entre les régions.»

D’autant plus que les redevances minières ne sont pas une panacée, comme l’a signalé M. Dubé. «L’an dernier, l’exploitation des ressources minérales a généré des redevances de 43,7 M $. Il s’agit d’un montant tout de même modeste, qui ne permettra d’aucune manière à l’ensemble des municipalités du Québec de renflouer leurs coffres. D’autant plus que le gouvernement a annoncé qu’une partie des redevances irait au Fonds des générations», a-t-il mentionné.

M. Provencher a pour sa part insisté sur l’importance d’adapter ce fonds aux réalités de chacune des communautés minières. «Les impacts engendrés par l’exploitation en Abitibi-Témiscamingue, au Nord-du-Québec et en Côte-Nord sont extrêmement différents d’un endroit à l’autre. Le gouvernement du Québec doit en tenir compte», a-t-il fait valoir.