Les conflits d’intérêt comme solution à la crise du financement minier

Patrick Rodrigue patrick.rodrigue@tc.tc Publié le 30 décembre 2015

Selon John Kaiser, les sociétés juniors auraient avantage à raconter des anecdotes intéressantes pour accrocher les investisseurs plutôt que se concentrer sur les informations techniques, même si celles-ci sont conformes aux normes en vigueur.

©Photo TC Media - Patrick Rodrigue

Face aux difficultés qu’éprouvent les sociétés juniors à obtenir du financement, un chercheur propose une solution audacieuse: permettre les conflits d’intérêt.

Lors du congrès Xplor 2015 de l’Association de l’exploration minière du Québec, l’auditoire était littéralement suspendu aux lèvres de John Kaiser, fondateur de Kaiser Research Online, qui a jeté plusieurs pavés dans la mare du financement minier au Canada.

Depuis 2009, a-t-il rappelé, le goulot du financement s’est de plus en plus rétréci. L’accès au capital de risque, en particulier, est désormais restreint à un groupe beaucoup trop petit pour maintenir un sain écosystème économique au sein des sociétés juniors. «Dans un contexte d’incertitude, peu de gens osent s’acheter un billet de loterie», a illustré M. Kaiser.

L’objectif demeure d’accrocher les gens. Il faut donc leur raconter des histoires intéressantes

John Kaiser

Trop d’information

Le problème réside, paradoxalement, dans le fait que les sociétés en quête d’argent publient beaucoup trop d’information. «Même si ces renseignements demeurent conformes à la norme 43-101, ils créent plus de confusion qu’autre chose chez les investisseurs potentiels. Ceux-ci ne sont alors plus capables d’évaluer la valeur réelle d’une découverte. Ils préfèrent donc investir ailleurs, dans des secteurs plus sûrs», a expliqué John Kaiser.

Raconter une histoire intéressante

Pour contourner cet écueil, M. Kaiser estime qu’il faut revoir complètement la manière dont les sociétés juniors doivent présenter leurs projets.

«Il faut garder en tête que l’objectif demeure d’accrocher les gens. Il faut donc leur raconter des histoires intéressantes: comment le gisement s’est créé, comment on l’a découvert. L’information technique demeure pertinente, mais ce sont les anecdotes particulières qui vont démarquer un projet des autres», a-t-il fait valoir.

Un forum de conflits d’intérêt

John Kaiser va même plus loin et propose de mettre sur pied un système d’échange d’informations, par exemple un forum de discussion, où les gens qui ont des conflits d’intérêt déclarés et qui ne sont pas des professionnels du domaine minier pourraient vanter leurs projets.

«De manière intéressante, c’est ainsi qu’on pourrait avoir le portrait le plus objectif des projets, a-t-il mentionné. Car même en situation de conflit d’intérêt, personne n’osera raconter n’importe quoi afin de préserver sa réputation. Et en permettant la critique, d’autres viendront demander des précisions, signaler des problèmes ou des contradictions, etc.»

Les conflits d’intérêt comme solution à la crise du financement minier

Patrick Rodrigue patrick.rodrigue@tc.tc Publié le 30 décembre 2015

Selon John Kaiser, les sociétés juniors auraient avantage à raconter des anecdotes intéressantes pour accrocher les investisseurs plutôt que se concentrer sur les informations techniques, même si celles-ci sont conformes aux normes en vigueur.

©Photo TC Media - Patrick Rodrigue


Face aux difficultés qu’éprouvent les sociétés juniors à obtenir du financement, un chercheur propose une solution audacieuse: permettre les conflits d’intérêt.

Lors du congrès Xplor 2015 de l’Association de l’exploration minière du Québec, l’auditoire était littéralement suspendu aux lèvres de John Kaiser, fondateur de Kaiser Research Online, qui a jeté plusieurs pavés dans la mare du financement minier au Canada.

Depuis 2009, a-t-il rappelé, le goulot du financement s’est de plus en plus rétréci. L’accès au capital de risque, en particulier, est désormais restreint à un groupe beaucoup trop petit pour maintenir un sain écosystème économique au sein des sociétés juniors. «Dans un contexte d’incertitude, peu de gens osent s’acheter un billet de loterie», a illustré M. Kaiser.

L’objectif demeure d’accrocher les gens. Il faut donc leur raconter des histoires intéressantes

John Kaiser

Trop d’information

Le problème réside, paradoxalement, dans le fait que les sociétés en quête d’argent publient beaucoup trop d’information. «Même si ces renseignements demeurent conformes à la norme 43-101, ils créent plus de confusion qu’autre chose chez les investisseurs potentiels. Ceux-ci ne sont alors plus capables d’évaluer la valeur réelle d’une découverte. Ils préfèrent donc investir ailleurs, dans des secteurs plus sûrs», a expliqué John Kaiser.

Raconter une histoire intéressante

Pour contourner cet écueil, M. Kaiser estime qu’il faut revoir complètement la manière dont les sociétés juniors doivent présenter leurs projets.

«Il faut garder en tête que l’objectif demeure d’accrocher les gens. Il faut donc leur raconter des histoires intéressantes: comment le gisement s’est créé, comment on l’a découvert. L’information technique demeure pertinente, mais ce sont les anecdotes particulières qui vont démarquer un projet des autres», a-t-il fait valoir.

Un forum de conflits d’intérêt

John Kaiser va même plus loin et propose de mettre sur pied un système d’échange d’informations, par exemple un forum de discussion, où les gens qui ont des conflits d’intérêt déclarés et qui ne sont pas des professionnels du domaine minier pourraient vanter leurs projets.

«De manière intéressante, c’est ainsi qu’on pourrait avoir le portrait le plus objectif des projets, a-t-il mentionné. Car même en situation de conflit d’intérêt, personne n’osera raconter n’importe quoi afin de préserver sa réputation. Et en permettant la critique, d’autres viendront demander des précisions, signaler des problèmes ou des contradictions, etc.»