La relève en entrepreneuriat minier a-t-elle un avenir?

Patrick Rodrigue patrick.rodrigue@tc.tc Publié le 4 janvier 2016

C’est dans les contextes où la bourse est plus frileuse comme en ce moment qu’il faut préparer la relève afin que celle-ci soit prête lorsque le cycle minier redémarrera, a fait valoir André Gaumond. Or, le Québec manque cruellement d’entrepreneurs miniers à l’heure actuelle. Sur la photo, M. Gaumond (à gauche) est accompagné de Jonathan Lafontaine, Dany Pelletier et Gino Roger.

©Photo TC Media - Patrick Rodrigue

Si la relève entrepreneuriale en exploration minière souhaite faire sa place, elle doit d’abord et surtout s’entourer de gens compétents.

Plusieurs entrepreneurs du domaine minier ont tenu à partager leur expérience, lors d’un forum organisé dans le cadre du congrès Xplor 2015 de l’Association de l’exploration minière du Québec. Cette table ronde a réuni André Gaumond, de Redevances aurifères Osisko, Gino Roger, de Midland Exploration, Dany Pelletier, de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et Jonathan Lafontaine, membre de la relève.

Il ne faut pas se laisser guider par les saveurs du jour

Gino Roger

Un métier qui s’apprend

D’emblée, M. Gaumond, qui a fondé l’entreprise Mines Virginia, à qui l’on doit la découverte de la mine Éléonore en Jamésie, a insisté sur le fait que, contrairement aux idées reçues, on peut apprendre à être entrepreneur. «Ce n’est pas vrai que pour être entrepreneur, il faut naître comme ça. Il y a plein de moyens pour le devenir», a-t-il signalé.

Une de ces avenues, a enchaîné M. Roger, consiste à s’entourer de gens compétents, qui possèdent à la fois de bonnes connaissances techniques et des relations partout afin de faciliter la recherche de capitaux.

«Être passionné dans son domaine est un atout essentiel, mais il faut aussi avoir un plan d’affaires solide et le respecter; il ne faut pas se laisser guider par les saveurs du jour, a-t-il ajouté. Il faut aussi devenir une éponge en matière de formation afin d’en absorber le maximum et essayer d’être visionnaire pour tenter de prévoir les mauvais coups.»

Pour M. Pelletier, il est important que l’entourage de l’aspirant entrepreneur soit non seulement composé de gens compétents, mais aussi de gens complémentaires. «Et lorsqu’on doit prendre une décision cruciale, il ne faut pas hésiter à chercher conseil auprès de gens d’expérience pour s’assurer que ça réponde non pas à des impératifs extérieurs, mais à nos propres valeurs», a-t-il conseillé.

Et pour se doter d’un bon entourage, il n’y a pas 36 solutions, comme l’a souligné André Gaumond. «Il faut y aller brique par brique, en commençant par un bon directeur, quelqu’un d’expérience prêt à nous aider. C’est la clé. Le reste vient tout seul. Pour chaque personne qu’on aborde, il lui dévoiler nos forces et nos faiblesses et lui dire pourquoi on a besoin d’elle. Jouer la franchise, ça crée des liens», a-t-il fait valoir.

Jouer la carte de la sincérité

La question de la recherche de financement a évidemment été abordée. S’il est difficile pour une société junior bien établie d’obtenir des capitaux, comment un membre de la relève peut-il espérer y avoir accès?

«Ce n’est pas parce qu’une porte se ferme qu’on ne peut pas retourner y frapper une deuxième fois, a illustré M. Lafontaine. Je l’ai bien appris lors de mon mentorat avec André Gaumond. Même si on n’obtient pas de résultats immédiats, il faut persévérer et ne pas hésiter à jouer la carte de la sincérité.»

«C’est sans doute le meilleur conseil qu’on peut donner, a conclu M. Gaumond. Jouer la transparence en exposant nos bons coups, mais aussi nos mauvais met les gens en confiance. Croire en soi et se poser les bonnes questions, se développer une stratégie en fonction de nos valeurs et la respecter, tout est là.»

La relève en entrepreneuriat minier a-t-elle un avenir?

Patrick Rodrigue patrick.rodrigue@tc.tc Publié le 4 janvier 2016

C’est dans les contextes où la bourse est plus frileuse comme en ce moment qu’il faut préparer la relève afin que celle-ci soit prête lorsque le cycle minier redémarrera, a fait valoir André Gaumond. Or, le Québec manque cruellement d’entrepreneurs miniers à l’heure actuelle. Sur la photo, M. Gaumond (à gauche) est accompagné de Jonathan Lafontaine, Dany Pelletier et Gino Roger.

©Photo TC Media - Patrick Rodrigue


Si la relève entrepreneuriale en exploration minière souhaite faire sa place, elle doit d’abord et surtout s’entourer de gens compétents.

Plusieurs entrepreneurs du domaine minier ont tenu à partager leur expérience, lors d’un forum organisé dans le cadre du congrès Xplor 2015 de l’Association de l’exploration minière du Québec. Cette table ronde a réuni André Gaumond, de Redevances aurifères Osisko, Gino Roger, de Midland Exploration, Dany Pelletier, de la Caisse de dépôt et placement du Québec, et Jonathan Lafontaine, membre de la relève.

Il ne faut pas se laisser guider par les saveurs du jour

Gino Roger

Un métier qui s’apprend

D’emblée, M. Gaumond, qui a fondé l’entreprise Mines Virginia, à qui l’on doit la découverte de la mine Éléonore en Jamésie, a insisté sur le fait que, contrairement aux idées reçues, on peut apprendre à être entrepreneur. «Ce n’est pas vrai que pour être entrepreneur, il faut naître comme ça. Il y a plein de moyens pour le devenir», a-t-il signalé.

Une de ces avenues, a enchaîné M. Roger, consiste à s’entourer de gens compétents, qui possèdent à la fois de bonnes connaissances techniques et des relations partout afin de faciliter la recherche de capitaux.

«Être passionné dans son domaine est un atout essentiel, mais il faut aussi avoir un plan d’affaires solide et le respecter; il ne faut pas se laisser guider par les saveurs du jour, a-t-il ajouté. Il faut aussi devenir une éponge en matière de formation afin d’en absorber le maximum et essayer d’être visionnaire pour tenter de prévoir les mauvais coups.»

Pour M. Pelletier, il est important que l’entourage de l’aspirant entrepreneur soit non seulement composé de gens compétents, mais aussi de gens complémentaires. «Et lorsqu’on doit prendre une décision cruciale, il ne faut pas hésiter à chercher conseil auprès de gens d’expérience pour s’assurer que ça réponde non pas à des impératifs extérieurs, mais à nos propres valeurs», a-t-il conseillé.

Et pour se doter d’un bon entourage, il n’y a pas 36 solutions, comme l’a souligné André Gaumond. «Il faut y aller brique par brique, en commençant par un bon directeur, quelqu’un d’expérience prêt à nous aider. C’est la clé. Le reste vient tout seul. Pour chaque personne qu’on aborde, il lui dévoiler nos forces et nos faiblesses et lui dire pourquoi on a besoin d’elle. Jouer la franchise, ça crée des liens», a-t-il fait valoir.

Jouer la carte de la sincérité

La question de la recherche de financement a évidemment été abordée. S’il est difficile pour une société junior bien établie d’obtenir des capitaux, comment un membre de la relève peut-il espérer y avoir accès?

«Ce n’est pas parce qu’une porte se ferme qu’on ne peut pas retourner y frapper une deuxième fois, a illustré M. Lafontaine. Je l’ai bien appris lors de mon mentorat avec André Gaumond. Même si on n’obtient pas de résultats immédiats, il faut persévérer et ne pas hésiter à jouer la carte de la sincérité.»

«C’est sans doute le meilleur conseil qu’on peut donner, a conclu M. Gaumond. Jouer la transparence en exposant nos bons coups, mais aussi nos mauvais met les gens en confiance. Croire en soi et se poser les bonnes questions, se développer une stratégie en fonction de nos valeurs et la respecter, tout est là.»