Les industriels doivent devenir des détectives de la forêt

Patrick Rodrigue patrick.rodrigue@tc.tc Publié le 3 novembre 2015

Selon Sébastien Migneault, les industriels forestiers auraient avantage à optimiser l’utilisation de chaque essence de bois tirée d’une parcelle de forêt et non se concentrer uniquement sur les espèces qui les intéressent au premier coup d’œil.

©Photo TC Media - Patrick Rodrigue

Dans un contexte de raréfaction de la ressource forestière, et ce, autant en qualité qu’en quantité, il importe de valoriser toutes les espèces d’arbres et d’optimiser l’utilisation de chaque essence.

C’est le message qu’est venu livrer Sébastien Migneault, chercheur à la Chaire de recherche du Canada en valorisation, caractérisation et transformation du bois de l’UQAT, à des étudiants et des collègues de l’université régionale et du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue.

Un secteur en changement

Un des avantages de l’industrie forestière, a-t-il rappelé, c’est qu’elle est intégrée. Par exemple, en plus de produire du bois d’œuvre, une scierie génère aussi des copeaux qui seront utilisés par les usines de pâtes et papiers ainsi que des planures, sciures et écorces qui serviront à la fabrication de panneaux, granules, poutres et autres produits de bois d’ingénierie.

Par contre, le secteur doit désormais faire face à plusieurs modifications. «La taille et le diamètre des arbres diminue constamment, tout comme la quantité de bois disponible. On note aussi une forte compétition des pays émergents, qui arrivent à offrir les mêmes produits, mais avec moins de ressources et à plus faible coût. Les changements climatiques entraînent également une modification de la structure forestière, alors qu’on prévoit un enfeuillement progressif vers le nord», a énuméré M. Migneault.

Transformer la boue en or

Dans un tel contexte, il importe de gérer efficacement les changements. Pour y arriver, Sébastien Migneault a notamment suggéré de valoriser toutes les espèces disponibles en forêt. Il estime d’ailleurs que même s’il faut parfois chercher longtemps avant de la trouver, chaque essence recèle une qualité qui peut devenir un atout.

«Le peuplier faux-tremble est un excellent exemple, a-t-il illustré. Il y a quelques années encore, on le considérait comme une mauvaise herbe parce que son bois n’est pas bon pour la construction ou le papier et qu’il brûle mal. Aujourd’hui, c’est une ressource précieuse pour la fabrication de panneaux et le bois d’ingénierie.»

Dans la même veine, beaucoup d’industriels disposent de ressources qu’ils souhaitent valoriser, mais pour lesquelles il n’existe aucun débouché. Il devient donc crucial d’investir dans la recherche pour créer ces mêmes débouchés.

«Le cas des boues de désencrage est un excellent exemple, a signalé M. Migneault. La seule avenue de ce résidu du recyclage du papier, c’était l’enfouissement ou l’incinération. Or, nous avons découvert que dans la fabrication de matériaux composites bois-polymères, c’est la matière qui présente la plus forte résistance aux impacts.»

En manchette

Les industriels doivent devenir des détectives de la forêt

Patrick Rodrigue patrick.rodrigue@tc.tc Publié le 3 novembre 2015

Selon Sébastien Migneault, les industriels forestiers auraient avantage à optimiser l’utilisation de chaque essence de bois tirée d’une parcelle de forêt et non se concentrer uniquement sur les espèces qui les intéressent au premier coup d’œil.

©Photo TC Media - Patrick Rodrigue


Dans un contexte de raréfaction de la ressource forestière, et ce, autant en qualité qu’en quantité, il importe de valoriser toutes les espèces d’arbres et d’optimiser l’utilisation de chaque essence.

C’est le message qu’est venu livrer Sébastien Migneault, chercheur à la Chaire de recherche du Canada en valorisation, caractérisation et transformation du bois de l’UQAT, à des étudiants et des collègues de l’université régionale et du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue.

Un secteur en changement

Un des avantages de l’industrie forestière, a-t-il rappelé, c’est qu’elle est intégrée. Par exemple, en plus de produire du bois d’œuvre, une scierie génère aussi des copeaux qui seront utilisés par les usines de pâtes et papiers ainsi que des planures, sciures et écorces qui serviront à la fabrication de panneaux, granules, poutres et autres produits de bois d’ingénierie.

Par contre, le secteur doit désormais faire face à plusieurs modifications. «La taille et le diamètre des arbres diminue constamment, tout comme la quantité de bois disponible. On note aussi une forte compétition des pays émergents, qui arrivent à offrir les mêmes produits, mais avec moins de ressources et à plus faible coût. Les changements climatiques entraînent également une modification de la structure forestière, alors qu’on prévoit un enfeuillement progressif vers le nord», a énuméré M. Migneault.

Transformer la boue en or

Dans un tel contexte, il importe de gérer efficacement les changements. Pour y arriver, Sébastien Migneault a notamment suggéré de valoriser toutes les espèces disponibles en forêt. Il estime d’ailleurs que même s’il faut parfois chercher longtemps avant de la trouver, chaque essence recèle une qualité qui peut devenir un atout.

«Le peuplier faux-tremble est un excellent exemple, a-t-il illustré. Il y a quelques années encore, on le considérait comme une mauvaise herbe parce que son bois n’est pas bon pour la construction ou le papier et qu’il brûle mal. Aujourd’hui, c’est une ressource précieuse pour la fabrication de panneaux et le bois d’ingénierie.»

Dans la même veine, beaucoup d’industriels disposent de ressources qu’ils souhaitent valoriser, mais pour lesquelles il n’existe aucun débouché. Il devient donc crucial d’investir dans la recherche pour créer ces mêmes débouchés.

«Le cas des boues de désencrage est un excellent exemple, a signalé M. Migneault. La seule avenue de ce résidu du recyclage du papier, c’était l’enfouissement ou l’incinération. Or, nous avons découvert que dans la fabrication de matériaux composites bois-polymères, c’est la matière qui présente la plus forte résistance aux impacts.»