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Le mur acoustique de Malartic exaspère des citoyens


Publié le 11 septembre 2017

Le mur acoustique fera partie du paysage de Malartic pour au moins les deux prochaines années.

©Photo TC Média – Thomas Deshaies

Le mur acoustique qui a été érigé par la minière Canadian Malartic sur l'avenue Champlain est un nouvel irritant pour des citoyens du secteur, qui se sentent «pris en souricière», affirme le Comité citoyens de la zone sud de la voie ferrée de Malartic.

Le mur temporaire a été construit il y a quelques semaines par la minière afin d'atténuer le bruit produit par les travaux de déviation de la route 117. Le mur est composé de plusieurs dizaines de conteneurs superposés et alignés sur l'avenue Champlain.

Il y a le bruit, la poussière, les vibrations et maintenant, le mur

Guy Morissette

Le porte-parole du Comité citoyens de la zone sud de la voie ferrée de Malartic, Guy Morissette, affirme que le mur a un impact négatif sur la qualité de vie des citoyens du secteur.  «Le mur génère de l'écho et les résidents sont maintenant complètement enclavés. On a le mur à l'est, la butte-écran au sud, et au nord, c'est la voie ferrée. On est pris en souricière», déplore M. Morissette.  Les conteneurs utilisés pour l'écran acoustique sont similaires à ceux que l'on voit sur des trains de marchandises. Ils enlèveraient une heure d'ensoleillement aux résidents situés aux abords du mur, toujours selon M. Morissette.

Rachat à la valeur de remplacement

Le porte-parole du groupe de citoyens affirme comprendre les motivations de la minière ayant mené à la construction du mur, mais souligne qu'il occasionne de nouveaux désagréments. «L'objectif visé était bon, mais il faut comprendre que ce mur est tellement désagréable en bout de ligne, souligne-t-il. On se sent comme prisonniers.»

Il faut que la minière rachète la maison des résidents qui désirent quitter le secteur, et ce, à une valeur de remplacement, plutôt qu'à la valeur marchande, martèle le comité citoyens. Selon des représentants du groupe, plusieurs citoyens se sont vu refuser leur demande d'acquisition par la minière. En date du 31 juillet 2017, 31 résidences avaient été acquises par la minière. «Le programme d’acquisition de résidences est inadéquat et ne permet pas aux gens de quitter la zone sud sans s’endetter de plusieurs dizaines de milliers de dollars. Le programme d’acquisition comporte également plusieurs barrières qui empêchent plusieurs personnes d’y accéder. Face à ces lacunes, il n’est donc pas étonnant de constater que seules 30 propriétaires ont pu en bénéficier jusqu’à maintenant», peut-on lire dans le communiqué du comité citoyens.

La minière refuse depuis plusieurs mois de dévoiler le nombre de demandes qui ont été rejetées ainsi que les motifs de ces refus. Un bilan devrait être fait à l'automne, précise-t-on.

Valeur des résidences

Certains citoyens de Malartic sont en situation de détresse, indique M. Morissette. Selon lui, la «complaisance des élus» et l'inaction du ministère, contribue à créer un sentiment d'isolement. «Les élus ont décidé de s'enligner avec la minière, a tenu à rappeler M. Morissette. On vit de la détresse présentement, puis les gens qui vont consulter se font dire par leur médecin de quitter la ville s'ils le peuvent, pour leur santé.»

Il craint aussi que la valeur des résidences situées aux abords du mur acoustique temporaire soit affectée, notamment parce que le mur fera partie intégrante du paysage malarticois pour au moins les deux prochaines années. Rappelons qu'une butte-écran sera ensuite construite non loin de l'avenue Champlain. «Les propriétés ne prendront certainement pas de valeur avec cela (le mur)», croit M. Morissette.

La minière ne commentera pas

Canadian Malartic a fait savoir publiquement son intention de construire un mur il y a plusieurs mois. Joint au téléphone lundi après-midi, un représentant de la minière a indiqué qu'une «cinquantaine de communications» ont été faites avec les citoyens du secteur, dont du porte-à-porte et des rencontres individuelles.   

Depuis la construction du mur, moins de 5 résidents auraient communiqué avec la minière pour exprimer leurs préoccupations, fait-on savoir.  

La minière refuse toutefois de commenter la sortie publique du Comité citoyens de la zone sud de la voie ferrée de Malartic.