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Les achats par internet font mal aux commerçants

L’exode du fric 0

Par Stéphanie Létourneau

Une scène de plus en plus rare?

Agence QMI

Une scène de plus en plus rare?

Plus besoin de se rendre à Montréal ou à Toronto pour dépenser son argent à l’extérieur de la région. L’achat en ligne connaît une croissance importante. Les commerçants locaux doivent user d’imagination pour garder tenté de conserver l’argent en région.

Certains commerçants de l’Abitibi-Témiscamingue se tournent de plus en plus vers le Web pour augmenter leurs revenus.

C’est le cas de sept librairies indépendantes de l’Abitibi-Témiscamingue. Selon l’Observatoire de la culture et des communications du Québec, les ventes des librairies indépendantes ont baissé de 4,2% et leurs parts de marché est maintenant de 27,7%, tandis qu’en 2011, elles se situaient plutôt à 31,9%. Le consommateur se tourne vers les grandes surfaces ou l’achat en ligne.

L’importance des sites transactionnels

Au boulon d’ancrage, Du Nord, En Marge, Galerie du livre, Papeterie commerciale Amos, Service scolaire de Rouyn et Servidec font partie du portail en ligne RueDesLibraires.com, une initiative des Librairies indépendantes du Québec (LIQ). Avec ses 250 000 livres francophones dans leurs formats papier et numérique, le site transactionnel est l’un des joueurs les plus importants au Québec.

D’après la propriétaire de Galerie du Livre à Val-d’Or, Marlène Côté, les librairies indépendantes doivent s’ajuster aux nouveautés et à l’évolution du marché: «Il faut se battre pour continuer à garder notre chiffre d’affaires actuel. Dans le sens que ça tient encore debout et on n’est pas sur le point de fermer, mais ça a baissé beaucoup».

Les ventes en ligne sur le site galeriedulivre.ca apportent un petit surplus de 10% de ses ventes. Mais pour être membre du la LIQ, elle doit payer une cote. «Je ne suis pas sûre qu’on fait de l’argent avec ça; je pense que non. Mais, au moins, ça garde notre œil ouvert», a-t-elle indiqué.

La vente de disques, plus difficile en ligne

Le disquaire indépendant Polyson, situé aux Promenades du cuivre de Rouyn-Noranda depuis 17 ans, a dû cesser ses opérations sur le Web, car elles n’étaient pas rentables. «Il y a tellement de compétition là-dessus, ça n’a pas d’allure. Je me vois mal me battre contre eBay», a affirmé le propriétaire Richard Tessier. Afin d’être rentable, le seul disquaire de l’Abitibi doit diversifier son offre. «Il faut avoir des produits autres que le CD ou le DVD. On a beaucoup de vêtements, des accessoires, des affiches, des boucles de ceinture... On ne peut pas juste vendre du CD parce que je serais fermé depuis quelques années déjà», a déclaré le propriétaire.

Le Canada vs l’Angleterre

Les Canadiens auraient doublé leur achat en ligne en 2012, selon Statistiques Canada. Selon NETendances, 76% des internautes québécois ont effectué des transactions sur Internet en 2012. Ce n’est pas surprenant que les 25 à 34 ans soient ceux qui en font le plus (90,5%).

60 000 commerces fermeront

Mais lorsqu’on parle d’achat en ligne, l’Angleterre ne peut être vaincue. Selon eMarketer, les ventes en ligne y étaient en moyenne d’une valeur de 3585$ par personne en 2012, loin devant les autres pays. Les consommateurs anglais font 13,5% de leurs achats en ligne comparativement à 3,4% pour les consommateurs canadiens. Mais si l’on suit leur exemple, plusieurs commerces fermeront.

Il est estimé qu’en 2016, les ventes en ligne augmenteront de 23%, d’après un rapport du Boston Consulting Group. Selon le Centre for Retail Research, le nombre de boutiques devrait baisser de plus d’un cinquième d’ici 2018, ce qui équivaut à 60 000 magasins placardés.

Conseils en magasin; achats sur le net

S. L. Le furetage en magasin fait de plus en plus d’adeptes au Québec. Est-ce un risque pour les commerçants de la région?

Le furetage en magasin consiste à se rendre physiquement en magasin pour examiner un produit, puis à fureter sur Internet dans le but de trouver et d’acheter en ligne le même produit à moindre coût. Aujourd’hui, les consommateurs peuvent fureter directement en magasin, au moyen de leur téléphone intelligent ou de leur tablette électronique.

En Australie, une épicerie spécialisée dans les aliments sans gluten réclame cinq dollars aux clients qui repartent sans rien acheter.

Les hommes aiment fureter

Les commerces d’ici doivent aussi s’adapter à ce phénomène qui fait de plus en plus d’adeptes en Amérique du Nord. Selon l’enquête NETendances 2012 sur la mobilité au Québec, 31% des détenteurs de téléphone intelligent ont utilisé leur appareil pour comparer les prix affichés d’un produit, et 35% des propriétaires de tablette l’ont utilisée dans ce même but.

Cette pratique est toutefois plus populaire chez les hommes. Les résultats d’une étude publiée en 2011 par la firme Harris Interactive ont révélé que 65% des adeptes de la pratique seraient des hommes et leur âge moyen serait de 26 ans.

 

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